À Wolverhampton, la saison 2025-2026 ressemblait jusqu’ici à une longue traversée du désert. Sans victoire, sans repères, et presque sans espoir. Puis est apparu Mateus Mané. À seulement 18 ans, l’attaquant né au Portugal, mais formé en Angleterre est devenu en quelques semaines le symbole d’un renouveau fragile mais réel, de l’équipe des Midlands qui a inscrit en l’espace de trois rencontres trois fois plus de points que sur le reste de la saison.

Mateus Mané, d’un parcours atypique à une éclosion précoce
Né le 16 septembre 2007 à Barreiro, au Portugal, l’attaquant grandit loin des centres de formation ultra-médiatisés. Formé dans un premier temps au sein du club local du Barreirense, il quitte très jeune son pays natal pour s’installer en Angleterre avec sa famille, à l’âge de huit ans. Mané intègrera l’académie de Rochdale en 2016. Un choix qui peut surprendre à l’ère des académies d’élite où les jeunes joueurs visent de plus en plus haut, mais qui s’avérera décisif. À Rochdale, club alors loin des projecteurs de la Premier League, le jeune attaquant peut y affiner son jeu sans pression excessive.
Son évolution est suffisamment convaincante pour lui permettre d’apparaître sur un banc professionnel dès février 2024, en National League, à seulement 16 ans. Wolverhampton ne tarde pas à flairer le potentiel. En février 2024, les Wolves l’intègrent à leur académie, convaincus de tenir là l’un des profils offensifs les plus prometteurs de sa génération. Un an plus tard, le saut vers le groupe professionnel s’effectue progressivement. D’abord convoqué dans le groupe lors d’un match de Premier League face à Fulham en février 2025, Mané fait ses grands débuts professionnels le 10 mai 2025 contre Brighton, une entrée en matière qui se soldera alors par une défaite.
La saison suivante, malgré un contexte collectif catastrophique, Mané s’impose peu à peu. Après plusieurs entrées en jeu, il est titularisé pour la première fois à Anfield, le 27 décembre 2025. Une défaite, encore, mais une prestation pleine de personnalité. Puis vient le déclic au match suivant, le 3 janvier 2026, face à West Ham : un but, une passe décisive indirecte et un penalty provoqué : les Wolves obtiennent enfin une victoire cette saison.
Son profil attire également l’attention sur la scène internationale. Né au Portugal, d’origine bissau-guinéenne, Mané possède également la nationalité britannique. Convoqué simultanément par le Portugal et l’Angleterre en U18, il choisit finalement de porter le maillot anglais : une très bonne nouvelle pour les Three Lions, même si ce choix n’est pas forcément définitif.
Le réveil des Wolves, porté par l’énergie et l’audace de Mané
Il serait exagéré de dire que Mateus Mané a, à lui seul, sauvé Wolverhampton. Mais il serait tout aussi faux de minimiser son impact. Avant le 30 décembre 2025, les Wolves n’avaient pris que deux points sur l’ensemble de la saison, englués dans une spirale négative historique. Depuis, le club en a pris cinq en trois matchs, une progression modeste sur le papier puisque le club reste dernier pour le moment, mais immense sur le plan psychologique.
Tout commence par un match nul à Old Trafford, puis surtout par cette victoire 3-0 contre West Ham, la première de la saison. Mané est au cœur de tout. Il participe à la construction du premier but, provoque le penalty du deuxième, et inscrit le troisième avec sang-froid. Une implication totale, à l’image de son jeu.
Rob Edwards ne s’y trompe pas. En conférence de presse, le technicien souligne non seulement la qualité technique du jeune attaquant, mais surtout son influence sur le groupe : son énergie, son courage, sa capacité à jouer sans peur, même dans les stades les plus intimidants. À Anfield, à Old Trafford, puis à Molineux, Mané n’a jamais semblé écrasé par l’événement.
Et ce mercredi, il a une nouvelle fois exprimé tout son talent, inscrivant le seul but des Wolves en déplacement au Hill Dickinson Stadium d’Everton, permettant à son équipe de réaliser un troisième match d’affilée sans défaite Ce qui frappe, c’est cette impression qu’il joue libéré, presque insouciant, dans une équipe plombée par la pression et la nécessité de résultats. Cette insouciance devient contagieuse. Les Wolves jouent plus haut, pressent davantage, osent plus et sont donc meilleurs.
Son rôle dépasse désormais celui d’un simple jeune prometteur. Il est devenu une référence, presque un point d’ancrage dans une équipe en perte de repères. À 18 ans, il donne parfois l’impression d’être un leader de fait, par l’exemple plus que par la parole. Bien sûr, les défis à venir sont immenses. La constance, la gestion de la fatigue, l’exposition médiatique, et probablement une saison de Championship à venir tant le retard pris sur les autres équipes de bas de tableau est grand. Mais pour Wolverhampton, grâce à Mané, l’avenir, lui, recommence enfin à s’éclaircir.