Après dix-huit mois loin des rings, Amy Broadhurst est de retour là où tout s’accélère : au cœur du programme de boxe olympique britannique. Ancienne championne du monde, d’Europe et du Commonwealth, la boxeuse de Dundalk retrouve la sélection Britannique de boxe avec les jeux de Los Angeles 2028 en ligne de mire.

Une icône de la boxe irlandaise abandonnée par sa fédération
Longtemps, Amy Broadhurst a été l’un des piliers de la boxe amateur irlandaise. Née à Dundalk en 1997, formée au Dealgan Boxing Club, elle s’est imposée au fil des années comme une référence internationale, capable de briller dans plusieurs catégories de poids. Son année 2022 reste à ce jour le sommet de sa carrière : un titre de championne du monde en super-légers à Istanbul, un sacre européen à Budva, et une médaille d’or aux Jeux du Commonwealth à Birmingham. Peu de boxeuses amateurs en Europe pouvaient alors se targuer d’un tel palmarès.
À l’aube du cycle olympique menant à Paris 2024, Broadhurst apparaissait comme une candidate naturelle à la qualification. Pourtant, le printemps 2024 marque un tournant brutal. Informée par l’Irish Athletic Boxing Association qu’elle ne serait pas sélectionnée pour le dernier tournoi qualificatif olympique, la boxeuse se retrouve dans l’incompréhension et voit son rêve olympique s’éloigner. Voyant la nationalité de son père, né à Slough dans le Berkshire, comme une opportunité de garder ce rêve possible, elle change de nationalité sportive et intègre officiellement la fédération britannique de boxe.
Sélectionnée par GB Boxing pour le dernier tournoi qualificatif mondial en Thaïlande, Broadhurst découvre alors un nouvel environnement, une nouvelle structure, mais elle a aussi une pression immédiate du résultat. Battue en quart de finale par la Sud-Coréenne Yeonji Oh, elle échoue aux portes de la qualification pour Paris. Cet épisode laisse évidemment un goût amer, mais peu après cet échec, un autre événement majeur vient bouleverser ses priorités : la naissance imminente de son premier enfant qui met inéluctablement sa carrière en pause.
Les jeux de Los Angeles 2028 en ligne de mire
Dix-huit mois plus tard, Amy Broadhurst est de retour. En janvier 2026, elle réintègre officiellement le World Class Programme de la fédération britannique de boxe, après une phase d’évaluation menée fin 2025 avec les entraîneurs du groupe Podium. À 28 ans, la néo-Britannique est maintenant une athlète beaucoup plus expérimentée.
Son quotidien s’organise désormais dans le Yorkshire. Quatre jours par semaine, elle s’entraîne au sein de l’English Institute of Sport à Sheffield, centre névralgique de la boxe olympique britannique. Elle évoluera dans sa catégorie de prédilection, les -60 kg, un choix définitif après plusieurs années marquées par des ajustements fréquents de poids.
Au sein de GB Boxing, son retour est perçu comme un renfort majeur. Le directeur de la performance, Rob McCracken, ne cache pas son enthousiasme : « Broadhurst apporte non seulement un palmarès international rare, mais aussi une profondeur de banc précieuse dans une catégorie toujours très concurrentielle ». Dans une discipline où la densité mondiale ne cesse de croître, disposer d’une boxeuse capable de rivaliser immédiatement avec l’élite constitue un atout stratégique. De plus, avec un nouveau cycle olympique qui a démarré, de nombreux boxeurs du programme olympique sont jeunes et une boxeuse comme Broadhurst apporterait de l’expérience bienvenue pour accompagner les « néophytes ».
Les échéances à venir seront progressives : camps internationaux, tournois de préparation, puis les compétitions qualificatives pour les Jeux de Los Angeles aur fur et à mesure du rapprochement du début des jeux. Rien n’est acquis, surtout dans le monde actuel où de plus en plus de pays se développent et luttent dans les compétitions internationales.