Lauren Henry continue de dominer le skiff féminin depuis sa reconversion après les Jeux olympiques de Paris 2024. La Britannique a remporté ce dimanche la finale des championnats du monde d’aviron 2026 à Amsterdam, décrochant ainsi son premier titre mondial en individuel. Déjà championne d’Europe à Varese plus tôt cette année, elle confirme avec ce nouveau succès qu’elle est devenue en l’espace de deux ans, la référence actuelle de la discipline.

Lauren Henry décroche la médaille d’or en skiff
Le choix de Lauren Henry de quitter le quatre de couple après les Jeux olympiques de Paris 2024 aurait pu être considéré comme un pari risqué. La Britannique venait alors de devenir championne olympique avec son équipage, au terme d’une finale remportée d’un rien devant les Pays-Bas. Plutôt que de poursuivre dans un bateau qui lui avait permis d’atteindre le sommet, elle a pourtant choisi de se lancer dans l’épreuve individuelle la plus exigeante de l’aviron à savoir le skiff.
Henry possédait déjà certaines références en skiff avant sa reconversion définitive. En 2023, alors qu’elle était encore éligible chez les moins de 23 ans, elle avait remporté les essais britanniques dans cette discipline. Son expérience accumulée au plus haut niveau dans les embarcations collectives lui a ensuite permis de franchir un nouveau cap, jusqu’à devenir une prétendante régulière aux titres internationaux.
Dès sa première saison internationale en skiff, la Britannique s’est imposée aux championnats d’Europe de Plovdiv en 2025. Elle y avait établi un nouveau record britannique ainsi que le meilleur temps européen de l’histoire, en 7 min 09 s 76. Elle avait ensuite remporté les deux manches de Coupe du monde auxquelles elle avait participé avant d’arriver aux championnats du monde de Shanghai avec le statut de sérieuse prétendante au titre.
Elle avait finalement dû se contenter de l’argent en Chine, battue de seulement trois centièmes de seconde par Fiona Murtagh dans les derniers mètres. Henry s’était toutefois immédiatement installée parmi les meilleures rameuses mondiales. En 2026, sa progression s’est encore accélérée. Après avoir conservé son titre européen à Varese, la Britannique a abordé les championnats du monde d’Amsterdam avec un statut différent : celui de favorite.
Les premières manches ont rapidement confirmé cette impression. Henry a remporté sa série en 7 min 54 s 69, avec plus de cinq secondes d’avance sur la deuxième meilleure performance de l’ensemble des séries. Un écart considérable à ce niveau de compétition, qui annonçait déjà une semaine particulièrement solide.
Les quarts de finale ont ensuite offert un premier véritable test. En concurrence indirecte de Fiona Murtagh, championne du monde en titre, Henry a de nouveau largement dominé les débats. Elle a terminé en 7 min 14 s 82, soit plus de six secondes de mieux que l’Irlandaise possédant le deuxième meilleur temps. Un an après avoir perdu le titre mondial face à Murtagh pour seulement trois centièmes, la Britannique avait cette fois creusé un écart de plus de six secondes. La demi-finale a confirmé cette domination. Henry a signé le meilleur temps de sa course en 7 min 14 s 58, tandis que la championne olympique de Paris Karolien Florijn terminait en 7 min 23 s 96. Près de neuf secondes séparaient donc les deux rameuses à l’arrivée même si certaines concurrentes avaient naturellement pu gérer leur effort une fois la qualification assurée, et relâcher sur la fin de course.
La finale était forcément différente. Les adversaires n’avaient plus aucune raison de préserver leurs forces et Florijn a notamment pris un meilleur départ, obligeant Henry à produire son effort dans la partie centrale de la course. La Britannique a progressivement repris le contrôle avant de faire la différence dans les derniers 500 mètres. Henry a finalement franchi la ligne en 7 min 15 s 93, devant les deux autres prétendantes Fiona Murtagh en 7 min 18 s 04 et Karolien Florijn en 7 min 18 s 84. Son avance de 2,11 secondes sur la championne du monde en titre est moins spectaculaire que lors des tours précédents, mais largement suffisante pour décrocher le titre.
Cette victoire permet surtout à Lauren Henry de devenir la première Britannique à remporter le titre mondial féminin en skiff. Elle ajoute ce sacre à son titre européen obtenu quelques mois plus tôt et confirme une progression exceptionnelle depuis son changement de discipline. Avec les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 dans deux ans, la Britannique semble déjà avoir les armes pour y jouer le titre. Si elle poursuit sur cette trajectoire, Henry pourrait arriver à Los Angeles avec un statut, et l’ambition d’ajouter un titre olympique individuel à celui remporté en quatre de couple à Paris.