Le skeleton a officiellement lancé les ambitions britanniques à Milan-Cortina 2026. Et dès la première manche, Matt Weston a frappé un grand coup. Champion du monde en titre, le Britannique a établi le meilleur temps provisoire sur la piste de Cortina d’Ampezzo, battant le record du tracé. Derrière lui, Marcus Wyatt reste dans le coup, prêt à profiter de la moindre ouverture. Après une première descente, la délégation Britannique est peut-être sur le point de remporter sa première médaille après trois quatrièmes places.

Si sa performance est impressionnante, elle ne surgit pas de nulle part. Matt Weston a dominé l’hiver international avec autorité : globe de cristal en Coupe du monde, titre mondial, couronne européenne. À 29 ans, il a franchi un cap dans la gestion des grands rendez-vous. Sa force ne réside pas uniquement dans ses départs explosifs – souvent parmi les plus rapides du plateau – mais dans sa capacité à maintenir de la vitesse dans les portions techniques, là où se gagnent les courses.
Mais le véritable progrès britannique tient à la densité de son effectif. Marcus Wyatt, troisième du classement général de la Coupe du monde cette saison, est un outsider de cette éprevue. Régulier, solide techniquement, il a prouvé à plusieurs reprises qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs sur une manche comme sur une compétition entière. Weston et Wyatt ont d’ailleurs gagnés à eux deux l’intégralité des manches de Coupe du monde disputées cette année, avec un avantage clair pour Weston.
Weston en tête après une manche record, Wyatt en embuscade
Le format olympique du skeleton est implacable : quatre manches disputées sur deux jours. Deux descentes le premier jour, deux le lendemain. Les temps sont additionnés, et c’est le cumul final qui désigne le champion olympique. Chaque run compte, chaque centième peut peser lourd, et la moindre erreur peut hypothéquer tout espoir de médaille, récompensant donc le plus régulier.
Premier à s’élancer sur la piste du Cortina Sliding Centre, Matt Weston a immédiatement assumé son statut. Malgré un léger contact avec un mur dans la partie haute du tracé, il a su corriger sa trajectoire avant de livrer une seconde moitié de parcours remarquable de précision. Résultat : 56.21 secondes et un nouveau record de la piste.
Une première performance remarquable. D’autant que le Britannique était déjà descendu en 56.11 à l’entraînement cette semaine, preuve que sa marge reste réelle. Souriant à l’arrivée, saluant le public, Weston affichait la sérénité de celui qui sait qu’il a pris l’ascendant psychologique.
Derrière lui, la concurrence reste néanmoins menaçante. L’Allemand Axel Jungk, vice-champion olympique en titre, ne pointe qu’à six centièmes. L’Italien Amedeo Bagnis, porté par le public local, accuse seize centièmes de retard. Les écarts sont infimes, fidèles à la tradition du skeleton.
Marcus Wyatt, lui, occupe provisoirement la septième place en 56.52, à 0.31 seconde de Weston. Un retard notable, mais loin d’être rédhibitoire sur quatre manches. Fait révélateur : au premier intermédiaire, Wyatt affichait exactement le même temps que son compatriote. C’est dans la seconde moitié du parcours que Weston a fait la différence, là où sa lecture des courbes et sa fluidité ont creusé l’écart. Il reste désormais trois descentes : une deuxième manche dès aujourd’hui, puis les deux ultimes runs vendredi.