Avec les titres de Chantelle Reid et Damar Thomas, le Strandja Memorial Tournament 2026, disputé à Sofia du 23 février au 1er mars, a une nouvelle fois confirmé son statut de baromètre du très haut niveau amateur. Dans une compétition dense, relevée, et souvent impitoyable pour les jeunes en quête de confirmation, surtout face aux délégations kazakhe et ouzbèke — fidèles à la tradition d’excellence de l’ex‑URSS — la délégation britannique est repartie avec six médailles.

Dans la catégorie reine des +90 kg, Damar Thomas a livré un tournoi plein. À seulement 21 ans, le natif de Londres (1m98), formé au Powerday Hooks ABC, continue de justifier les attentes placées en lui depuis ses titres chez les jeunes – champion d’Europe U18 et vice-champion du monde jeunesse en 2022. Eliminé en quarts des Mondiaux 2025, il savait que ce tournoi pouvait marquer un cap chez les élites. Il l’a fait avec autorité.
Son entrée en lice face à l’Arménien Makhonov Arman a donné le ton : victoire nette 5-0, sans discussion. Plus impressionnant encore, son succès expéditif contre le Brésilien Silva, arrêté par l’arbitre (RSC) dès le premier round à 1:47. Thomas, gaucher, a imposé sa distance et sa puissance avec une facilité déconcertante. La demi-finale face à l’Allemand Nikita Putilov a constitué son test le plus exigeant : combat accroché, rythme soutenu, échanges lourds. Le Britannique s’en sort 4 juges à 1, dans ce qui restera son affrontement le plus disputé du tournoi. En finale, il a dominé l’Ouzbek O. Aliev 5-0. Moins sous pression que la veille, plus clinique, Thomas a contrôlé l’opposition et conclu un tournoi abouti.
Chez les femmes, Chantelle Reid a rappelé qu’elle reste l’un des piliers de la sélection. Médaillée mondiale en 2025 et olympienne à Paris, la boxeuse de 27 ans avait connu un retour au premier plan spectaculaire après six années loin des rings. À Sofia, elle a d’abord dû s’arracher face à Igharo Evelyn, seule adversaire à lui prendre deux juges (victoire 3-2). Un combat d’entrée piège, accroché, qui l’a immédiatement mise dans le rythme.
La suite a été une démonstration de maîtrise. Victoire 5-0 contre la Kazakhe Madina Nurshayeva, puis même tarif face à l’Australienne Lekeisha Pergoliti, vice-championne du monde 2025. En finale, elle a dominé la Brésilienne Viviane Pereira avec autorité (5-0). Après un premier tour serré, Reid a haussé le curseur technique et imposé son expérience. Cette médaille d’or installe définitivement la Britannique parmi les références mondiales des 70 kg, elle qui est actuellement quatrième du classement mondial.
Derrière ces deux titres, plusieurs médailles sont venues densifier le bilan. Will Hewitt (60 kg) a réalisé un parcours solide avant de tomber sur plus fort. Trois victoires impeccables 5-0 contre Giorgi Kapanadze, le Turc Selahattin Cinibulak et surtout son compatriote Owain Harris-Allan, médaillé des Jeux du Commonwealth 2022. En demi-finale, il s’est heurté au Bulgare Radoslav Rosenov, médaillé européen et mondial, futur vainqueur du tournoi. Défaite 5-0, mais face à l’un des meilleurs légers du circuit. Hewitt repart avec le bronze et l’expérience d’un combat de très haut niveau.
Même métal pour Patris Mughalzai (65 kg). Victoire accrochée 3-2 contre l’Azéri Magsud Khasmetov, avant de monter en puissance : 5-0 face à l’Arménien Artur Sahakyan puis domination du Géorgien Levan Demurovi. En demi-finale, contraint au forfait face à l’Ukrainien E. Aliiev – futur vainqueur – il quitte le tournoi forcément frustré de ne pas avoir pu combattre, mais médaillé.
Sacha Hickey, championne d’Europe U23 2024, a elle aussi décroché le bronze dans une catégorie relevée. Elle a frappé fort d’entrée en dominant 5-0 la Turque Sema Çalışkan, double médaillée mondiale. Même score contre la Belge Oshin Derieuw, vice-championne des Jeux européens 2023 et olympienne. En demi-finale, elle s’incline face à l’Ouzbèke Navbakhor Khamidova, vice-championne du monde 2025 et référence continentale, qui remportera ensuite la finale 5-0.
Lauren Mackie (54 kg) est passée tout près de l’or. Après une victoire 5-0 contre l’Algérienne Douaa Rouaz, elle a enchaîné deux succès serrés 3-2, dont une performance majeure contre l’Américaine Yoseline Perez, vice-championne du monde 2025. En finale, la Kazakhe Elina Bazarova s’est montrée supérieure (5-0).
Enfin, difficile de ne pas évoquer la désillusion de Teagn Stott. Vice-champion du monde 2025, le boxeur de Sheffield a été stoppé dès son entrée par l’Ouzbek Turabek Khabibullaev (RSC R2, 2:50), futur vainqueur du tournoi. Un combat équilibré selon les dires de Stott, mais chez les 90 kg, un coup net change tout et celui de l’Ouzbek dans le deuxième round aura prématurément mis fin au combat. L’élimination est brutale, mais le contexte – face au champion du monde en titre – relativise l’échec.