L’Angleterre U20 a parfaitement réagi après sa défaite face à l’Irlande en s’imposant nettement contre l’Italie (37-17), avec le bonus offensif à la clé. Longtemps dominants dans le jeu et la conquête, les hommes d’Andy Titterrell ont toutefois longtemps buté sur leurs propres imprécisions, multipliant les en-avant et les situations gâchées près de la ligne. Malgré ces maladresses, la profondeur et la puissance anglaises ont fini par faire la différence dans le dernier quart d’heure, permettant au XV de la Rose de s’imposer à Trévise.

Le scénario du match
Dès les premières minutes, l’Angleterre a affiché ses intentions. Comme face à l’Irlande deux semaines plus tôt, les jeunes Anglais ont rapidement pris l’initiative, dominant territorialement et cherchant à imposer un rythme élevé. Une première pénalité obtenue dès l’entame a donné le ton : plutôt que de prendre les points face aux poteaux, Finn Keylock a choisi de trouver la touche pour installer un ballon porté près de l’en-but italien. Les visiteurs ont ainsi multiplié les séquences dans les 22 adverses, sans toutefois parvenir à concrétiser.
Le début de match anglais a en effet été marqué par une frustration récurrente : une capacité évidente à se procurer des situations dangereuses, mais trop souvent gâchées par des fautes de main. À plusieurs reprises, des passes au contact ont terminé au sol, offrant des mêlées de soulagement à l’Italie. Cette inefficacité a fini par coûter cher. Sur l’une de leurs premières véritables incursions, les Italiens ont exploité une mêlée à cinq mètres et rapidement écarté le ballon vers l’arrière Pietro Celi, qui a trouvé l’espace pour inscrire le premier essai de la rencontre. Francesco Braga a transformé pour donner l’avantage aux Azzurrini (7-0), punissant une Angleterre pourtant globalement dominante dans le jeu.
L’Italie a même cru faire le break quelques minutes plus tard sur l’un de ses secteurs forts du tournoi : le ballon porté. Après une touche dans les 22 anglais, le talonneur Valerio Pelli est parvenu à franchir la ligne au terme d’un maul puissant. Mais l’essai a finalement été refusé après intervention de l’arbitre, Carlo Antonio Bianchi ayant commis un écran illégal sur l’action. Une décision cohérente, d’autant plus que Tate Williams avait été sanctionné pour une faute similaire plus tôt dans la rencontre, preuve d’une application logique de la règle.
Malgré cet avertissement, l’Angleterre a continué à se montrer dangereuse, sans parvenir à gommer ses approximations. Les pertes de balle sur passes au contact se sont multipliées, freinant plusieurs offensives prometteuses. Pourtant, la pression territoriale anglaise a fini par payer à l’approche de la demi-heure de jeu. Après une pénalité obtenue à quelques mètres de l’en-but italien, Lucas Friday a rapidement joué au ras et trouvé Will Knight, qui est parvenu à contrôler un ballon difficile tout près du sol avant d’aplatir. La transformation de Keylock a remis les deux équipes à égalité (7-7).
Dans une fin de première période plus indisciplinée côté italien, le centre Luca De Novellis a multiplié les fautes avant d’être logiquement sanctionné d’un carton jaune. Cette fois, l’Angleterre a choisi la prudence : plutôt que d’aller en touche, Keylock a pris les trois points face aux poteaux pour donner l’avantage aux siens juste avant la pause (10-7). À la mi-temps, le sentiment dominant restait néanmoins celui d’une Angleterre supérieure mais trop brouillonne pour se mettre définitivement à l’abri.
La seconde période a démarré de la meilleure manière pour les visiteurs. Profitant de leur supériorité numérique, les Anglais ont rapidement trouvé l’ouverture après une mêlée dans le camp italien. Tyler Offiah a d’abord fait la différence près de la ligne de touche avant que Connor Treacey ne fixe la défense. Lucas Friday, très opportuniste, a alors repéré un intervalle dans une défense italienne mal replacée pour inscrire un essai plein de sang-froid, transformé par Keylock (17-7).
Mais l’Italie a immédiatement répondu. À la suite d’un en-avant anglais sur le renvoi et d’une pénalité obtenue sur la mêlée suivante, les Italiens ont enchaîné plusieurs temps de jeu au près avant de voir Valerio Pelli franchir la ligne pour réduire l’écart (17-12). Dans ce match décousu, chaque temps fort semblait être suivi d’une réaction adverse.
L’Angleterre a repris un peu d’air grâce à la botte de Keylock, auteur d’une pénalité importante pour redonner huit points d’avance (20-12). Mais une nouvelle erreur sur ballon haut a offert une opportunité à l’Italie : Malik Faissal a parfaitement exploité la pression mise sur Lucas Friday pour récupérer le ballon et marquer en coin, ramenant les siens à trois points (20-17).
Malgré ces moments de flottement, la profondeur du banc anglais a fini par peser. À l’heure de jeu, Seb Kelly a inscrit un essai en force après une séquence confuse mais validée par l’arbitre, qui a jugé que la dernière passe anglaise était partie vers l’arrière (25-17). Ce tournant a redonné de la confiance aux visiteurs, qui ont ensuite progressivement pris le contrôle des débats.
L’indiscipline italienne, déjà visible en première période, s’est accentuée dans les vingt dernières minutes. Après plusieurs fautes successives, l’Angleterre a de nouveau investi les 22 adverses. Sur une phase initiée par Jonny Weimann, Aiden Ainsworth-Cave est parvenu à libérer un ballon pour Keylock, qui a aplati avant de transformer lui-même son essai, offrant au passage le bonus offensif aux siens (32-17).
La fin de match a confirmé la domination anglaise. Sur une nouvelle pénalité obtenue en mêlée, les visiteurs ont choisi la touche et ont immédiatement mis leur puissance collective au service d’un ballon porté parfaitement structuré. Tout juste entré en jeu, George Marsh a conclu l’action pour sceller définitivement la rencontre (37-17).
Au classement, l’Angleterre réalise une opération idéale avec cinq points précieux qui la maintiennent pleinement dans la course au titre. Mais derrière ce succès convaincant sur le plan comptable, les hommes d’Andy Titterrell savent qu’ils devront se montrer beaucoup plus précis dans le jeu face à la France pour essayer de remporter le trophée. Les nombreuses fautes de main et les occasions gâchées auraient pu coûter bien plus cher face à une opposition plus clinique.