Patryk Przyczyna et Austyn Manley ont marqué de leur empreinte les championnats britanniques 2026, disputés il y a quelques jours au London Aquatics Centre, en faisant tomber plusieurs records nationaux dans les catégories jeunes sur les épreuves de dos. Le premier, âgé de 15 ans et licencié à Eastbourne, s’est illustré sur 50 et 100 mètres dos avec des performances inédites dans sa catégorie d’âge. Le second, pensionnaire de Repton, a frappé sur 200 mètres dos en effaçant une référence vieille de plus d’une décennie.

Patryk Przyczyna a lancé sa semaine sur 100 mètres dos avec une démonstration progressive. Dès les séries, il s’empare du record britannique des 15 ans en 55.86, avant de changer de dimension en finale junior. En 54.92, il abaisse son propre standard de près d’une seconde en quelques heures seulement. Sa course s’est construite avec un premier 50 mètres en 26.79, puis un retour en 28.13, une demi-seconde plus rapide que le 28.74 du matin.
Mais c’est surtout l’écart avec l’histoire qui impressionne. Avec ce 54.92, Przyczyna relègue l’ancien record britannique des 15 ans réalisé par Dean Fearn en 2024 à 1.48 seconde. À ce niveau, un tel écart est rare. Plus encore, ce chrono est plus rapide que le record des 16 ans (54.95) et se rapproche du standard des 18 ans (54.10), temps qu’il pourra, et devrait battre durant les trois prochaines années. À l’échelle nationale toutes catégories confondues, il s’inscrit dans le top 35 britannique de tous les temps, et parmi les nageurs présents sur ces championnats, seuls les meilleurs seniors évoluent réellement dans une autre dimension, le chrono de 54.92 lui aurait permis de terminer 6ème de la finale senior, juste derrière un certain Luke Greenbank.
Il confirme ensuite sur 50 mètres dos. Déjà recordman en 26.40 plus tôt dans la saison, il améliore à nouveau la marque en 26.02 en séries, avant de descendre à 25.68 en finale junior. Là encore, l’écart est significatif : il retranche 0.74 seconde à l’ancien record (26.42), ce qui est considérable sur une distance aussi courte. Pour donner un ordre de grandeur, ce temps le place parmi les dix meilleurs Britanniques de la saison, toutes catégories confondues. À seulement 15 ans, il évolue déjà à proximité des finales seniors nationales.
Enfin, Austyn Manley, de son côté, s’est illustré sur 200 mètres dos avec une progression tout aussi marquante. Arrivé avec un record personnel de 2:03.44 réalisé l’été dernier, il a très largement abaissé cette marque dès les séries avec un 2:02.50, soit un gain de 0.94 seconde. Mais en finale, il a tout simplement réalisé une performance extraordinaire.
En 2:01.37, il retranche encore 1.13 seconde et efface le record des 15 ans détenu depuis 2013 en 2:02.05. L’écart peut sembler plus réduit que celui observé chez Przyczyna, mais au regard de la référence : il s’agissait d’un record établi par un nageur devenu ensuite médaillé olympique sur cette même distance : Luke Greenbank. Au total, Manley gagne plus de deux secondes en un an sur cette distance, ce qui constitue une progression rare sur un 200 mètres dos.
Dans la hiérarchie britannique, il s’installe désormais comme le meilleur 15 ans de l’histoire :
- Austyn Manley – 2:01.37 (2026)
- Luke Greenbank – 2:02.05 (2013)
Son temps le place également très près des minima européens juniors (2:01.20), qu’il manque de seulement 0.17 seconde. Il faut également souligner qu’il avait déjà amélioré son classement national le matin même, passant de la 12e à la 2e place historique chez les 15 ans avant même sa finale.
Une discipline portée par Morgan et dynamisée par une nouvelle génération
Ces performances s’inscrivent dans une dynamique plus globale du dos britannique, en nette progression ces dernières saisons. Oliver Morgan en est aujourd’hui la figure centrale puisqu’il a remporté tous les titres nationaux de dos depuis 2023, et est recordman national en 52.12 sur 100 mètres dos. Il s’est encore imposé lors de ces championnats en 52.41, le troisième meilleur temps de sa carrière.
Derrière ce leader, plusieurs nageurs évoluent désormais dans la zone des 53 secondes, comme Matt Ward (53.29), Jack Skerry (53.35) ou Cameron Brooker (53.6). Cette concurrence interne élève le niveau global et structure une discipline longtemps en quête de profondeur.
À 15 ans, Przyczyna nage déjà plus vite que certains nageurs de 17 ou 18 ans dans l’histoire britannique, et se rapproche des standards seniors sur 50 et 100 mètres. Manley, lui, suit une trajectoire similaire sur 200 mètres, avec une progression régulière et une capacité à performer sur plusieurs courses, comme en témoigne son record sur 200 mètres quatre nages plus tôt dans la semaine.
À ce rythme de progression, Patryk Przyczyna et Austyn Manley ne devraient pas rester longtemps à la porte des finales seniors, et pourraient très rapidement faire leurs apparitions aux Jeux Olympiques, même si ceux de Los Angeles, dans maintenant deux ans semblent un petit trop tôt.