Jack Draper traverse une nouvelle zone de turbulences. Le Britannique de 24 ans a annoncé son forfait pour Roland-Garros, victime d’une blessure persistante au genou droit. Une décision jugée nécessaire pour préserver la suite de sa saison, notamment le tournoi de Wimbledon où Draper évoluera à domicile. Derrière cette annonce se cache une réalité plus inquiétante : celle d’un talent immense freiné, une fois encore, par les blessures, et d’un tennis britannique en quête de stabilité.

Une rechute inquiétante pour Draper
Le scénario commence à devenir tristement familier pour Jack Draper. Contraint à l’abandon lors du tournoi de Barcelone face à Tomas Martin Etcheverry, le Londonien n’a depuis jamais retrouvé la pleine possession de ses moyens. Touché à un tendon du genou droit, il a enchaîné les forfaits, renonçant successivement aux Masters 1000 de Madrid et de Rome, avant de confirmer son absence pour Roland-Garros.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Draper a expliqué que son genou était en amélioration, mais que son entourage médical lui avait fortement déconseillé de reprendre la compétition sur terre battue, et encore moins dans un format exigeant en cinq sets. Une prudence compréhensible, tant son historique récent incite à la retenue.
Car cette blessure s’inscrit dans une continuité inquiétante. Déjà en 2025, le Britannique avait vu sa saison brutalement interrompue par une blessure au bras qui l’avait éloigné des courts pendant près de huit mois. Un coup d’arrêt plus que brutal pour celui qui venait d’atteindre les sommets, culminant à la 4e place mondiale, après notamment son sacre à Indian Wells et une demi-finale à l’US Open en 2024.
Son retour en 2026, amorcé en février, n’a jamais réellement pris. Avec seulement quelques tournois disputés et des résultats irréguliers, Draper peine à retrouver le rythme et la continuité indispensables au plus haut niveau. Pourtant, les éclairs de génie sont toujours là, comme en témoigne sa victoire de prestige face à Novak Djokovic à Indian Wells, preuve que son potentiel reste intact.
Mais le corps, lui, ne suit pas. Épaule, hanche, bras, et désormais genou : les blessures s’accumulent et empêchent toute progression linéaire. Cette incapacité à enchaîner les tournois pourrait avoir des conséquences majeures sur sa trajectoire alors qu’il était attendu très haut. L’objectif est désormais clair : se reconstruire physiquement. Car à 24 ans, le temps reste de son côté, mais la répétition des blessures commence à peser lourd dans l’équation.
La chute au classement ATP va d’ailleurs être brutale. Encore solidement installé dans le top 10 il y a quelques mois, Draper va désormais dégringoler. Déjà en dehors du top 50 à court terme, il pourrait même sortir du top 100 à l’issue de la saison sur terre battue. Et cette chute aura des conséquences concrètes. Sur gazon, Draper ne devrait pas être tête de série à Wimbledon. Un désavantage majeur pour un joueur qui devra potentiellement affronter un cador dès les premiers tours, compromettant ses chances dans un tournoi à domicile.
Un tennis britannique fragilisé par les blessures
Le cas Draper ne fait malheureusement pas figure d’exception dans le paysage actuel du tennis britannique. Depuis plusieurs mois, un sentiment de fragilité globale semble s’installer, alimenté par les blessures et l’absence de résultats marquants sur les grandes scènes.
Chez les hommes, peu de joueurs parviennent à enchaîner. Si certains, comme Cameron Norrie, maintiennent une certaine régularité, ils peinent à franchir un cap dans les grands rendez-vous.
Chez les femmes, la situation n’est guère plus rassurante. Emma Raducanu, principale figure du tennis britannique depuis son sacre à l’US Open 2021, n’a depuis pas réussi à confirmer, et est elle aussi freinée par des pépins physiques. Récemment touchée par des problèmes post-viraux, elle a dû réduire son calendrier et reste incertaine pour plusieurs échéances majeures.
Même constat pour Sonay Kartal, contrainte de renoncer à la saison sur terre battue en raison d’une blessure au dos. À cela s’ajoutent les difficultés physiques rencontrées par plusieurs joueurs du circuit secondaire, illustrant une tendance préoccupante.
Ce contexte crée un climat d’incertitude autour du tennis britannique. Longtemps porté par la figure emblématique qu’a été Andy Murray, le pays peine aujourd’hui à stabiliser une nouvelle génération capable de s’installer durablement au sommet et Jack Draper, qui est le plus enclin à l’être est désormais forfait pour le deuxième grand chelem de l’année.