Dans une finale relevée et sous la tension caractéristique des grandes échéances internationales, Sol Scott et Evan McPhillips ont offert au public britannique deux nouvelles performances de haut vol aux Championnats du monde juniors de gymnastique artistique 2025, à Manille. Le premier décroche l’argent, confirmant une régularité impressionnante dans l’épreuve du saut, tandis que le second signe une remontée spectaculaire pour aller chercher le bronze. Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’une belle progression déjà entrevue lors des compétitions européennes et au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne.

Depuis plusieurs mois maintenant, les deux Britanniques s’affirment comme des visages incontournables de la gymnastique junior européenne. À seulement 17 et 18 ans, Evan McPhillips et Sol Scott ont accumulé les distinctions, se forgeant un parcours déjà riche avant même d’aborder les Championnats du monde de Manille. McPhillips, notamment, s’est imposé comme la révélation majeure du Festival Olympique de la Jeunesse Européenne 2025 à Osijek. Ce jour-là, il avait remporté l’or au concours général individuel avec 78.600 points, devançant l’Italien Ivan Rigon d’un dixième seulement, démontrant une maturité technique rare pour son âge. Quelques heures auparavant, il avait également mené son pays au titre par équipes, confirmant sa capacité à porter un collectif vers les sommets, avant de décrocher d’autres médailles sur les agrès individuels.
Cette victoire s’inscrivait dans la belle dynamique d’un gymnaste déjà champion d’Europe junior par équipes en 2024, et dont la polyvalence impressionne sur les six agrès. McPhillips se distingue depuis longtemps comme l’un des jeunes espoirs les plus complets du continent, capable de performer aussi bien au sol qu’aux barres ou au saut — un agrès où sa puissance d’impulsion et son sens de la rotation font merveille.
Face à lui, mais surtout à ses côtés en équipe nationale, Sol Scott n’a jamais été en reste. Champion d’Europe junior par équipes en 2023, il s’était révélé dans l’épreuve du saut lors des Championnats d’Europe 2024 à Rimini, où il avait décroché une médaille d’or avec une maîtrise impressionnante : un premier et un second saut évalués chacun à 14.466 points, démontrant une stabilité et une précision rares chez un junior. Cette performance reste aujourd’hui l’un des marqueurs les plus éclatants de son potentiel dans l’agrès.
À Rimini, Scott avait également contribué largement au titre continental du Royaume-Uni, formant avec McPhillips, Chowdhury, Langton et Fawzi-McCaffrey un collectif déjà très solide. Sa capacité à rester calme en compétition, à coller ses réceptions et à maintenir un niveau d’exécution élevé en fait l’un des vaulters les plus fiables de sa génération.
Une finale de haut vol à Manille : l’argent pour Scott, le bronze pour McPhillips
Les qualifications avaient déjà donné le ton : Sol Scott accrochait la deuxième place avec une moyenne de 14.133, solidement installé derrière le Russe Arsenii Dukhno, tandis qu’Evan McPhillips se hissait en finale en ultime et huitième position, porté par un premier saut de très haut niveau (14.100) mais pénalisé par un second saut plus faible (12.933). Dès lors, la mission de McPhillips était claire : réaliser en finale deux sauts parfaitement exécutés, comme il sait les faire, afin de viser une médaille qui lui était tout a fait accessible dans cette épreuve.
En finale, Scott ouvrait son concours avec un premier saut très solide noté 14.300 (D 5.2 / E 9.1), dans la parfaite continuité de ce qu’il avait montré à Rimini. Son second saut, légèrement moins stable (13.833), lui permettait néanmoins de conserver une moyenne de 14.066 synonyme de médaille d’argent. Une performance de très grande qualité, d’autant que le Britannique confirmait une nouvelle fois sa régularité dans les grands rendez-vous — une qualité pouvant être assez rare chez les jeunes gymnastes.
Mais la sensation de la finale venait probablement d’Evan McPhillips. Parti huitième, il réalisait un premier saut identique à celui de Scott : 14.300, un modèle de propreté et d’impulsion. Son second saut, un petit peu plus en deçà, évalué à 13.600, lui permettait de grimper jusqu’à la troisième marche du podium avec une moyenne de 13.950, coiffant au passage plusieurs adversaires mieux placés que lui lors des qualifications.
Devant eux, seul Arsenii Dukhno parvenait à maintenir une avance confortable, dominant largement la compétition et décrochant l’or avec une moyenne de 14.333. Mais derrière, le Royaume-Uni pouvait savourer un doublé historique : argent pour Sol Scott, bronze pour Evan McPhillips… et deux nouvelles preuves que l’école britannique de la gymnastique n’a jamais été aussi prometteuse.
Dans la continuité de cette dynamique, le concours par équipes a offert une une vision plus globale des forces en présence, révélant quel écart sépare aujourd’hui les grandes nations de la gymnastique junior. La Chine s’est imposée avec un total de 163.095 points, portée par un trio extrêmement homogène et particulièrement solide aux barres asymétriques et au sol. Avec des notes dépassant régulièrement les 14 points – notamment celles de Wang Chengcheng et Yang Lanbin – les Chinois ont construit un avantage décisif grâce à une exécution très propre et une stabilité quasi irréprochable comme souvent en gymnastique masculine.
Le Japon, deuxième avec 162.429 points, n’est resté qu’à quelques dixièmes, confirmant la rivalité historique entre les deux nations asiatiques et la domination que celles ci ont sur la scène mondiale. La précision technique de Nao Ojima et la constance d’Eijun Yasui ont permis à l’équipe nippone de rester au contact, notamment grâce à une rotation très solide aux barres parallèles et à la poutre. De leur côté, les États-Unis complètent le podium (162.329 points), portés par les performances de Danila Leykin, impressionnant d’aisance au sol et à la barre fixe. Leur troisième place s’est jouée dans un mouchoir de poche face aux Japonais, mais illustre le retour en forme d’une équipe américaine longtemps en retrait dans les catégories juniors.
Le Royaume-Uni termine finalement cinquième avec 158.529 points, une performance qui reflète davantage l’écart actuel en difficulté que de véritables erreurs majeures. Uzair Chowdhury a laissé échapper quelques points précieux lors de ses passages au sol et au cheval d’arçons, tandis qu’Evan McPhillips et Sol Scott, impeccables au saut, ont eu plus de mal à s’illustrer sur les agrès comme les anneaux où la force brut est très importante. Malgré ces écarts, le potentiel du collectif reste grand: les Britanniques demeurent l’une des rares équipes capables d’obtenir deux médailles individuelles dans la même finale et disposent encore d’une marge de progression importante en vue des échéances européennes et mondiales à venir.