En l’attente des finales, Arsenal, Aston Villa et Crystal Palace ont placé le football anglais au sommet du continent cette saison. Avec une finale de Ligue des champions, une finale de Ligue Europa et une finale de Ligue Europa Conference disputées par des clubs anglais, la Premier League confirme plus que jamais sa domination européenne. Une telle situation était déjà arrivée en 2023 avec l’Italie, mais aucun des clubs n’avaient ensuite remporté sa finale.

Des parcours européens qui confirment la domination anglaise
Le football anglais avait déjà marqué les esprits en 2019 lorsque Liverpool et Tottenham avaient disputé une finale de Ligue des champions 100 % anglaise, tandis qu’Arsenal et Chelsea s’étaient affrontés en finale de Ligue Europa. À l’époque, il n’existait encore que deux compétitions européennes majeures. Sept ans plus tard, le paysage continental a changé avec l’arrivée de la Ligue Europa Conference, et l’Angleterre vient de placer un club dans chacune des trois finales européennes la même saison.
Le premier symbole de cette domination se nomme Arsenal. Les hommes de Mikel Arteta ont réalisé la campagne européenne la plus aboutie du club depuis les Invincibles. Premiers de la phase de ligue avec huit victoires en huit rencontres, les Londoniens ont impressionné par leur régularité et leur maîtrise tactique, nettement liée à leur défense (ils n’ont encaissés que 6 buts en 14 matchs de LDC). Bayern Munich, Atlético Madrid, Inter Milan ou encore Athletic Bilbao ont tous été dominés par une équipe capable de contrôler les rencontres et de faire déjouer son adversaire.
En phase à élimination directe, Arsenal a confirmé son statut de favori continental malgré des rencontres un petit peu plus poussives. Le Bayer Leverkusen a d’abord été écarté sans véritable frayeur avant une double confrontation extrêmement fermée face au Sporting CP, remportée grâce à la solidité défensive des Gunners. Puis est venue la demi-finale contre l’Atlético Madrid. Après un nul obtenu dans l’ambiance hostile du Metropolitano, Arsenal a fait la différence à l’Emirates dans une rencontre tendue, grâce à un but de Bukayo Saka, qui envoie son club de toujours en finale. Vingt ans après leur unique finale de Ligue des champions, les Londoniens retrouveront donc ce rendez-vous avec l’ambition de décrocher enfin le premier titre européen majeur de leur histoire face au Paris Saint-Germain, tenant du titre.
Mais cette saison européenne ne se résume pas à Arsenal et la Ligue des Champions. En Ligue Europa, Aston Villa et Nottingham Forest se sont retrouvés en demi-finales et assuraient donc avant même le début des confrontations la présence d’un représentant anglais en finale. Le club de Birmingham, porté par l’expérience européenne d’Unai Emery, a survolé sa phase de ligue avec sept victoires en huit matches et une deuxième place finale. Les Villans ont ensuite éliminé Lille avant d’écraser Bologne en quart de finale avec un impressionnant score cumulé de 7-1. Solide défensivement, intense dans le pressing et extrêmement efficace dans les transitions, Villa s’était imposé comme l’une des équipes les plus dangereuses de la compétition, avec le trio offensif Watkins, Rogers et Buendia.
De l’autre côté, Nottingham Forest a lui incarné l’histoire romantique de cette saison européenne. Après une phase de ligue irrégulière, le club a élevé son niveau au fil des tours. Forest a d’abord éliminé Fenerbahçe avant de survivre à un duel extrêmement tendu contre Midtjylland, remporté aux tirs au but après prolongation, dans une double confrontation pourtant largement dominé mais où le manque de réalisme a faillit leur coûter très cher. Le quart de finale face au FC Porto a ensuite rappelé les grandes soirées européennes du City Ground, avec une qualification acquise grâce à une organisation défensive remarquable et une atmosphère exceptionnelle.
Dans cette demi-finale 100% anglaise, les Reds ont, à domicile, réussi à s’imposer face aux Villans 1-0. Mais au retour et devant son public, c’est bien Aston Villa, bien plus entreprenant qui a su faire la différence 4-0 (score cumulé 4-1) pour s’offrir une première finale majeure depuis 1982.
En Ligue Europa Conference, Crystal Palace a lui aussi écrit une page historique. Reversés dans la compétition après leur conflit administratif lié à la multipropriété avec Lyon, les Eagles auraient pu vivre cette campagne comme une frustration. Ils en ont finalement fait l’un des plus grands exploits de leur histoire, avant de peut-être remporter la finale. Après avoir éliminé l’AEK Larnaca puis la Fiorentina, les Londoniens ont frappé fort contre le Shakhtar Donetsk à l’aller, s’imposant 1-3. Cette victoire acquise en demi-finale aller à l’extérieur avait déjà placé Palace dans une position idéale avant le retour à Selhurst Park. Devant leur public, les Eagles ont fait le travail, gagnant 2-1 et ne sont donc plus qu’à un match d’un premier trophée européen.
Cette domination rappelle forcément 2019, lorsque Liverpool et Tottenham s’étaient affrontés en finale de Ligue des champions tandis qu’Arsenal et Chelsea avaient disputé celle de Ligue Europa. Mais le contexte est aujourd’hui encore plus impressionnant. À l’époque, seules deux compétitions européennes existaient. Cette fois, avec trois compétitions différentes, le football britannique place des clubs dans toutes les finales continentales majeures, une première historique.
Les conséquences pourraient également être importantes pour les qualifications européennes de la saison prochaine. Grâce aux performances des clubs anglais sur le continent et au coefficient UEFA accumulé cette saison, les 5 premiers seront qualifiés pour la LDC et plusieurs scénarios permettraient à la Premier League d’envoyer un nombre record de représentants en Europe.
Si Aston Villa remporte la Ligue Europa tout en terminant cinquième de Premier League, le club serait qualifié à la fois grâce au championnat et grâce à son titre européen. Cette double qualification libérerait alors une place supplémentaire, permettant au sixième du championnat d’accéder directement à la Ligue des champions. Une situation qui pourrait totalement redistribuer la bataille européenne entre plusieurs équipes actuellement au coude-à-coude.
Si Aston Villa termine finalement dans le top 4 et remporte malgré tout la Ligue Europa, la situation serait différente : seules les cinq premières places du championnat offriraient alors un ticket pour la Ligue des champions. À l’inverse, si les Villans venaient à terminer hors du top 5 mais remportaient la compétition, l’Angleterre pourrait alors envoyer six clubs en Ligue des champions la saison prochaine, les 5 premiers et Aston Villa qui se qualifierait grâce à sa victoire.
Crystal Palace pourrait également modifier l’équilibre européen anglais. Un succès en finale de Ligue Europa Conference offrirait automatiquement aux Eagles une qualification pour la Ligue Europa. Dans certains cas de figures, la Premier League pourrait donc envoyer jusqu’à dix clubs dans les compétitions européennes la saison prochaine, même s’il est plus probable qu’il n’y en ait « que » 7 ou 8.