Le relais 4*400m féminin britannique a peut-être quitté Gaborone sans médaille, mais certainement pas sans enseignements. Dès les séries, ce collectif a rappelé qu’il était l’un des plus denses au monde, réalisant une véritable démonstration en alliant expérience et jeunesse. Aujourd’hui, le relais féminin semble être armé pour viser la médaille d’or dans les plus grands rendez-vous avec une profondeur d’effectif jamais atteinte.

Une démonstration en série et des options multiples.
Il y a des performances qui ne trompent pas, et celle réalisée en série à Gaborone en fait partie. Avec un chrono de 3:21.28, meilleur temps mondial de l’année à cet instant, le quatuor composé de Laviai Nielsen, Emily Newnham, Charlotte Henrich et Nicole Yeargin a frappé fort. D’autant plus fort que la saison estivale ne faisait que débuter, et que plusieurs cadres majeures manquaient encore à l’appel, à commencer par la détentrice du record national du 400m Amber Anning.
Ce temps réalisé était tout simplement la quatrième meilleure performance britannique de l’histoire. Une indication claire de la profondeur actuelle du collectif, surtout lorsque l’on se souvient que le record national (3:19.72) avait été établi lors de la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024, avec Victoria Ohuruogu, Laviai Nielsen, Nicole Yeargin et Amber Anning. Ce jour-là, les Britanniques avaient terminé à seulement quelques centièmes des Pays-Bas (3:19.50), elles-mêmes dominées par les États-Unis (3:15.27).
À Gaborone, la finale a été plus frustrante. Quatrièmes en 3:22.77, les Britanniques ont vu la Norvège créer la sensation avec un record national en 3:20.96, devant l’Espagne et le Canada. Un résultat en deçà des attentes, en partie lié à une composition remaniée, mais qui ne doit pas masquer l’essentiel : la dynamique est clairement positive.
Charlotte Henrich, seulement âgée de 19 ans, a signé un relais lancé exceptionnel en 49.40 secondes, l’un des meilleurs temps de la finale. Une performance qui confirme l’émergence d’un talent précoce, déjà championne d’Europe U20 en 2025. À ses côtés, Emily Newnham (21 ans), spécialiste du 400m haies, a également impressionné avec un passage en 49.09 en série. Deux profils jeunes, polyvalents, et déjà décisifs.
On peut aussi souligner les performances des relayeuses, toujours présentes quand il le fallait. À deux reprises, en série puis en finale, Yemi Mary John, championne du monde U20 du 400 m en 2022, a su combler un retard au passage de témoin. Elle a rattrapé ses concurrentes dans la ligne droite finale. De son côté, Nicole Yeargin est l’un des grands atouts des relais britanniques : elle a désormais participé à cinq des sept meilleurs relais de l’histoire du pays.
Globalement, la densité actuelle donne le vertige. Amber Anning, auteure d’un impressionnant 49.29, reste la locomotive du collectif. Laviai Nielsen (49.87), Yemi Mary John (50.50), Lina Nielsen (50.78) ou maintenant les jeunes Newnham, Heinrich, à qui on pourrait ajouter d’ici les JO 2028 Rebecca Grieve ou Kara DaCosta, émigrées aux USA dans le circuit NCAA, complètent un noyau capable de rivaliser avec les meilleures nations.
Et ce n’est pas tout puisqu’il y a ce facteur X qui pourrait tout changer : Keely Hodgkinson. Championne olympique du 800m, elle a récemment laissé entendre qu’elle était ouverte à une participation au relais 4x400m lors des prochains grands rendez-vous. Une hypothèse loin d’être farfelue lorsqu’on se souvient de son passage en 50.1 lors des Mondiaux en salle, tout simplement le meilleur temps de la finale alors qu’elle avait remportée moins d’une heure auparavant la finale du 800m. Une nouvelle possibilité qui pourrait bien faire en sorte, qu’accompagnée d’Amber Anning, Yemi Mary John, Emily Newnham ou l’une des soeurs Nielsen par exemple, le relais 4*400m britannique devienne un réel prétendant à la médaille d’or.
Dans le même registre, Dina Asher-Smith a également été aperçue dans des compositions expérimentales, preuve que les passerelles existent et que le réservoir ne cesse de s’élargir. Aujourd’hui, on peut compter sur au moins sept athlètes capables de courir sous les 50 secondes en relais lancé et plusieurs autres dans des temps similaires.
Ce qui ressort finalement de ces relais mondiaux, c’est qu’avec une jeunesse déjà performante, une élite confirmée, et des options tactiques multiples, toutes les conditions semblent réunies pour viser l’or dans les années à venir.