La troisième journée des Championnats d’Europe de cyclisme sur piste 2026 a encore tourné à l’avantage du Royaume-Uni. Entre la démonstration d’Emma Finucane en sprint individuel, le sacre maîtrisé d’Anna Morris à l’omnium et plusieurs finales disputées au plus haut niveau, la délégation britannique a confirmé son emprise sur le vélodrome de Konya. Dans la continuité de la veille, marquée par les exploits de Joe Truman et de la poursuite féminine, cette journée a de nouveau fait briller le sport Britannique.

Le déroulé de la journée
La soirée avait débuté là où celle d’hier s’était arrêtée : les demi-finales du sprint individuel féminin. Opposée à la Russe Alina Lysenko, Emma Finucane a immédiatement imposé sa loi. Déjà impressionnante depuis les qualifications et les quarts, la Britannique a survolé la première manche, donnant le sentiment d’évoluer dans une autre dimension. Puissance, maîtrise tactique et sérénité : tout indiquait qu’une place en finale ne pouvait lui échapper, et que l’or serait clairement à sa portée. Dans l’autre demi-finale, Sophie Capewell faisait face à Lea Sophie Friedrich, longtemps référence mondiale avant l’émergence de Finucane. Là encore, la Britannique a parfaitement contrôlé la première manche, neutralisant l’Allemande avec une facilité déconcertante. Avant même les secondes manches, l’hypothèse d’une finale 100 % britannique prenait une épaisseur très concrète.
Pendant que les sprinteuses récupéraient, le sprint masculin entrait lui aussi dans sa phase décisive avec un quart de finale au parfum amer pour le camp britannique : un duel fratricide entre Harry Ledingham-Horn et Matthew Richardson. Ce dernier, auteur le matin du seul chrono sous les neuf secondes en qualifications (8.963), a logiquement pris le dessus lors de la première manche, confirmant son statut de favori. Richardson avait marqué les esprits dès les séries, devançant Harrie Lavreysen, Tom Derache ou encore Mateusz Rudyk, et apparaissait déjà comme l’homme à battre. En filigrane se dessinait un choc attendu face à Lavreysen, monument de la discipline, quintuple champion olympique et quatorze fois champion d’Europe, seul capable de battre le Britannique sur la scène continentale.
La journée s’est ensuite déplacée vers l’omnium féminin, avec la troisième épreuve au programme : la course à l’élimination. Deuxième du classement général avant le départ, Anna Morris a connu un début délicat, frôlant l’élimination dès la quatrième rotation. Mais la Britannique a su rester calme, se replacer intelligemment et revenir progressivement aux avant-postes. À mesure que le peloton se réduisait, la course prenait une tournure stratégique. À quatre encore en lice, Morris faisait partie du bon groupe, avant que la grande rivale belge ne soit éliminée à la surprise générale. La victoire d’étape est revenue à la Norvégienne, mais la deuxième place de Morris s’est révélée capitale : pour deux petits points, elle prenait la tête de l’omnium avant la course aux points finale, se plaçant en position idéale pour le titre.
Le retour sur la piste des sprinteuses a définitivement validé la suprématie britannique. Emma Finucane n’a laissé aucun espoir à Lysenko lors de la deuxième manche, répétant le même scénario de domination totale. Sophie Capewell a ensuite conclu face à Friedrich, avec un peu plus de résistance mais sans jamais perdre le contrôle. Le verdict était sans appel : deux Britanniques en finale, deux médailles assurées, et la certitude d’une nouvelle médaille d’or pour le Royaume-Uni. Chez les hommes, Matthew Richardson a confirmé sa supériorité face à Ledingham-Horn en s’imposant en deux manches sèches. Il retrouvera en demi-finales Lavreysen, Nikita Kiriltsev et Mateusz Rudyk, tous qualifiés eux aussi sans manche décisive, même si les confrontations du Russe et du Polonais ont frôlé l’incident tant elles furent serrées.
La course scratch masculine a ensuite offert un scénario radicalement différent. Attendu, le Britannique William Tidball, champion du monde 2023 de la discipline, n’a pas pu peser face à une course intelligemment verrouillée par Alex Vogel et Ilya Savekin. Le Suisse et le Russe ont rapidement pris un tour au peloton, sécurisant presque immédiatement les deux premières places. Vogel s’est imposé, devant Savekin, tandis que le Néerlandais Vincent Hoppezak complétait le podium. Une course frustrante pour plusieurs favoris, piégés par cette configuration sans appel.
Les finales de la poursuite individuelle masculine ont ensuite livré leur verdict. En petite finale, Matthew Bostock, plus lent en qualifications que Renato Favero, espérait créer la surprise, à l’image de Joe Truman la veille. Mais l’Italien a rapidement pris l’ascendant. À mi-course, l’écart dépassait déjà les deux secondes et demie, avant que Favero ne rattrape Bostock à 3250 mètres, reléguant le Britannique à la quatrième place. La finale pour l’or a confirmé que les qualifications ne faisaient pas toujours loi : Lev Gonov, deuxième des séries, a pris le meilleur sur le Danois Robin Juel Skivild, pourtant auteur du meilleur temps le matin, pour s’adjuger le titre européen.
La soirée s’est par la suite conclue en apothéose pour le Royaume-Uni avec les finales du sprint féminin et le dénouement de l’omnium. Dans la petite finale, Lysenko a dominé l’Allemande en deux manches pour décrocher le bronze. Puis est venue la grande finale tant attendue entre Emma Finucane et Sophie Capewell. Sans trembler, Finucane a remporté les deux manches avec autorité, confirmant son statut de reine européenne de la vitesse et ajoutant un nouveau titre majeur à sa collection. Enfin, la course aux points de l’omnium a été un modèle de gestion pour Anna Morris. À égalité avec la Belge Bossuyt avant le départ, la Britannique a multiplié les prises de points dans les premiers sprints, creusant progressivement l’écart. Toujours placée, jamais prise à défaut, elle a abordé le dernier sprint avec une avance suffisante pour assurer le titre, à condition de finir sans concéder de tour. Mission accomplie : Morris est sacrée championne d’Europe, devant la Norvégienne Anita Stenberg et la Belge Bossuyt, au terme d’un omnium parfaitement maîtrisé.
Une troisième journée qui confirme, une fois encore, la domination britannique à Konya, portée par une génération aussi talentueuse que sûre d’elle, et désormais solidement installée au sommet du cyclisme sur piste européen.