La deuxième journée des Championnats d’Europe de cyclisme sur piste 2026 a confirmé la montée en puissance du Royaume-Uni à Konya. Portée par Joe Truman, enfin titré sur le kilomètre, et par une poursuite par équipes féminine impériale, sacrée avec un nouveau record du monde, la sélection britannique a vécu une soirée de très haut niveau. Emma Finucane et Sophie Capewell ont également validé leur présence dans le dernier carré du sprint, tandis que les jeunes Ben Wiggins et Henry Hobbs ont continué d’accumuler de l’expérience face à l’élite européenne.

Le déroulé de la journée
Cette deuxième journée avait débuté avec les qualifications du sprint individuel féminin, où la hiérarchie s’est rapidement dessinée. Emma Finucane a survolé l’exercice en signant un 9.759, nouveau record du monde, reléguant l’ensemble de ses rivales à bonne distance. Derrière elle, Sophie Capewell a pris la deuxième place en 9.982, confirmant l’excellente dynamique britannique, seules les deux passant sous la barre des dix secondes. Lea Sophie Friedrich, Alina Lysenko et Pauline Grabosch ont complété le groupe des principales prétendantes, mais avec un retard déjà significatif sur les deux Britanniques.
Les phases finales ont débuté en soirée avec les quarts de finale, où Finucane et Capewell ont toutes deux confirmé leur statut. Opposée à Yana Burlakova, Finucane s’est imposée en deux manches maîtrisées, sans jamais être mise en difficulté. Capewell a suivi le même scénario face à l’Italienne Miriam Vece. Ces succès ont validé la présence de deux Britanniques en demi-finales, programmées le lendemain, aux côtés de Friedrich et Lysenko, issues de confrontations plus disputées, notamment la victoire de l’Allemande face à la championne du monde en titre Hetty van de Wouw.
En parallèle de la vitesse féminine, la course aux points masculine constituait l’un des rendez-vous majeurs de la journée pour le Royaume-Uni, avec l’entrée en lice de Ben Wiggins. Dès les premiers sprints, le Britannique s’est montré actif, prenant ses premiers points au troisième sprint avant de s’insérer dans un mouvement décisif. Associé à Benjamin Thomas et au Danois Conrad Haugsted, Wiggins a réussi à prendre un tour au peloton, engrangeant vingt points et se plaçant provisoirement sur le podium virtuel. Malgré la concurrence et les nombreux changements de classement, il est resté dans le match en multipliant les prises de points, allant jusqu’à remporter le dixième sprint. Son raid solitaire pour tenter de reprendre un tour supplémentaire l’a même placé virtuellement en tête du classement, un exploit notable face à des spécialistes de la discipline. Marqué physiquement dans le final, Wiggins termine finalement quatrième, à quelques points du podium, dans une course remportée par l’Allemand Tim Torn Teutenberg. Une performance brute mais très encourageante pour une première apparition à ce niveau.
La soirée a ensuite été marquée par le kilomètre contre-la-montre masculin, avec des qualifications très disputées. Sur les 25 engagés, seuls les huit meilleurs ont accédé à la finale. Joe Truman a parfaitement négocié les séries en prenant la troisième place en 57.996, se positionnant idéalement pour la finale disputée dans l’ordre inverse. En finale, le Britannique a clairement changé de dimension. Plus tranchant dès le départ, il a abaissé son chrono à 57.541, améliorant nettement sa performance du matin. Ce temps lui a permis de décrocher la médaille d’or, devant le Français Étienne Oliviero et le Tchèque David Peterka. Un titre particulièrement symbolique pour Truman, souvent placé lors des grandes compétitions, mais jamais encore vainqueur à l’échelle européenne.
Le point culminant de la soirée est toutefois venu de la poursuite par équipes féminine. Après une qualification solide en 4:07.447, le staff britannique a décidé d’intégrer Katie Archibald dès le premier tour, remplaçant Kate Richardson. Ce choix s’est immédiatement révélé payant. Alignées avec Josie Knight, Anna Morris et Millie Couzens, les Britanniques ont signé un 4:03.634, explosant le record du monde et validant leur place en finale face à l’Allemagne. En finale, le scénario s’est répété. Toujours en avance aux intermédiaires, la formation britannique a de nouveau abaissé la référence mondiale pour s’imposer avec autorité et décrocher le titre européen, qui échappait aux Britanniques depuis 2023.
Enfin, la journée s’est conclue avec la poursuite par équipes masculine. Deuxième des qualifications en 3:46.497, le quatuor britannique, composé notamment des débutants Henry Hobbs et Ben Wiggins, a amélioré son temps lors du premier tour sans toutefois accéder à la finale pour l’or. Reversée en petite finale face à la France, l’équipe a procédé à un ajustement en intégrant William Tidball à la place d’un Ben Wiggins forcément fatigué de sa performance dans la course aux points. Ce choix a permis au Royaume-Uni de dominer la course au bronze et de s’offrir une médaille supplémentaire, venant conclure une deuxième journée globalement très réussie pour la délégation britannique à Konya.