Paris Roubaix 2026, surnommée l’Enfer du Nord, s’apprête une nouvelle fois à mettre à l’épreuve le peloton sur ses mythiques secteurs pavés. Cette 123e édition, qui se disputera le 12 avril, réunira un plateau exceptionnel où douze Britanniques tenteront de se distinguer. Dans une course où l’histoire n’a que rarement souri au Royaume-Uni, cette nouvelle génération cherchera avant tout à exister face aux spécialistes d’un des Monuments les plus impitoyables du calendrier.

Une présence britannique importante mais limitée dans ses ambitions
Ils seront douze à représenter le Royaume-Uni au départ, répartis dans plusieurs formations du peloton. Une présence notable qui témoigne de la profondeur du cyclisme britannique actuel, mais qui met également en lumière un constat clair : aucun d’entre eux ne figure parmi les grands favoris.
Au sein d’INEOS Grenadiers, Ben Turner, Connor Swift et Joshua Tarling constitueront le noyau principal. Turner et Swift, habitués aux classiques du nord, possèdent le profil pour résister sur les pavés et accompagner les mouvements de course, mais leur capacité à rivaliser avec les meilleurs reste limitée. Tarling, quant à lui, davantage reconnu pour ses qualités de rouleur, devrait jouer un rôle d’équipier dans une course où la gestion des trajectoires et l’endurance sur les secteurs pavés priment sur la puissance pure.
Du côté de Visma | Lease a Bike, la paire Owain Doull – Matthew Brennan sera à suivre avec attention. Brennan, véritable révélation du cyclisme britannique, continue son ascension au plus haut niveau. Vainqueur sur des courses exigeantes comme le Grand Prix de Denain, il a déjà prouvé qu’il pouvait performer sur les pavés. Toutefois, dans une équipe entièrement tournée vers Wout van Aert, il sera avant tout au service de son leader. Cette expérience sur Paris-Roubaix représente néanmoins une étape clé dans sa progression, sur un terrain qui pourrait parfaitement correspondre à ses qualités à long terme.
Fred Wright, sous les couleurs de Q36.5, apparaît comme l’un des Britanniques les plus crédibles pour viser un résultat. Déjà performant sur les classiques, avec notamment une 9e place sur Paris-Roubaix par le passé, il possède l’endurance et la capacité à anticiper qui peuvent lui permettre de s’illustrer. Dans une course aussi imprévisible, son sens de la course pourrait lui offrir une opportunité.
Lewis Askey, désormais au sein de la structure NSN, grâce à ses qualités de vitesse, pourrait lui aussi tirer son épingle du jeu dans un scénario favorable, notamment en cas d’arrivée réduite. Max Walker (EF Education-EasyPost), Robert Donaldson (Jayco AlUla), Mark Stewart (Modern Adventure Pro Cycling) ou encore Joshua Giddings (Lotto Intermarché) auront quant à eux un rôle plus discret, principalement tourné vers le soutien de leurs leaders respectifs.
Enfin, Callum Thornley, intégré à l’effectif Red Bull – Bora – Hansgrohe, découvrira l’Enfer du Nord à 22 ans. Comme beaucoup de jeunes coureurs britanniques présents au départ, son objectif sera avant tout d’apprendre et de s’aguerrir face à l’une des courses les plus difficiles du calendrier.
une quatrième victoire de suite pour Van Der Poel
Créée en 1896, Paris-Roubaix est l’une des courses les plus emblématiques du cyclisme mondial. Disputée chaque année, à l’exception des périodes de guerre (1915-1918, 1940-1942) et de l’édition annulée en 2020, elle est la course la plus difficile du calendrier, avec beaucoup de secteurs pavés longs et difficiles.
Avec près de 260 kilomètres au programme et une trentaine de secteurs pavés, la course est unique en son genre. Contrairement au Tour des Flandres, il n’y a pas de monts abrupts : tout se joue sur la capacité à encaisser les chocs, à maintenir une trajectoire optimale et à éviter les incidents mécaniques. Des secteurs mythiques comme la Trouée d’Arenberg, Mons-en-Pévèle ou le Carrefour de l’Arbre sont souvent décisifs et façonnent le scénario de la course.
Historiquement, le Royaume-Uni n’a jamais été une nation majeure sur Paris-Roubaix. Trois Britanniques seulement sont montés sur le podium : Barry Hoban (3e en 1972), Roger Hammond (3e en 2004) et Ian Stannard (3e en 2016). Et avec le nombre de coureurs d’exception présents cette année, difficile de voir l’un des 12 britanniques y monter.
L’édition 2026 s’annonce particulièrement relevée avec un duel attendu entre Mathieu van der Poel, triple tenant du titre, et Tadej Pogacar, récent vainqueur du Tour des Flandres et en quête toutes les victoires possibles. Le Néerlandais, parfaitement à l’aise sur les pavés, part avec un léger avantage, notamment en raison de son expérience sur cette course et de sa technique, notamment héritée de son passé en VTT. Pogacar, de son côté, devra composer avec un terrain moins favorable, où la moindre erreur peut coûter la victoire, comme l’année dernière où une chute du slovène avait grandement endommagé ses chances de victoire.
Derrière eux, Wout van Aert représente une menace sérieuse. Toujours en quête d’un premier succès sur l’Enfer du Nord, le leader de Visma pourrait profiter de la moindre défaillance de ses rivaux pour s’imposer enfin. D’autres coureurs comme Mads Pedersen (3è en 2025), ou Filippo Ganna seront également à surveiller, capables de tirer parti d’un scénario de course ouvert.
Les coureurs britanniques engagés à Paris-Roubaix 2026
INEOS Grenadiers
- Ben Turner
- Connor Swift
- Joshua Tarling
Visma | Lease a Bike
- Owain Doull
- Matthew Brennan
Q36.5 Pro Cycling Team
- Fred Wright
EF Education–EasyPost
- Max Walker
NSN Cycling Team
- Lewis Askey
Team Jayco AlUla
- Robert Donaldson
Red Bull – Bora – Hansgrohe
- Callum Thornley
Modern Adventure Pro Cycling
- Mark Stewart
Lotto Intermarché
- Joshua Giddings