Alors que la saison hivernale vient à peine de s’ouvrir, certains jeunes athlètes britanniques n’ont pas attendu le printemps pour se projeter vers l’été. En l’espace de quelques jours, Rhian Mitchell et Michael Maguire ont tous deux validé les minima pour les Championnats d’Europe U18 de Rieti, envoyant un premier signal fort sur l’état de la relève britannique. Dans le même temps, le sprint en salle a livré l’un de ses week-ends les plus denses de l’hiver, marqué par la montée en puissance de Romell Glave et la confirmation de Jody Smith au plus haut niveau international.

Mitchell et Maguire signent les minimas U18 européens
Les standards européens U18 ne tombent jamais par hasard, et encore moins aussi tôt dans la saison. Pourtant, Rhian Mitchell et Michael Maguire ont déjà coché cette case, chacun dans leur discipline, avec des performances qui dépassent largement la simple validation administrative.
À Glasgow, Rhian Mitchell, 16 ans, est devenu le premier athlète britannique à réussir les minima européens U18 cette saison grâce à un lancer de poids mesuré à 18,00 m. Une marque qui le place actuellement à la quatrième place de sa catégorie d’âge et le troisième au niveau européen. Il est légèrement distancé au classement par l’italien Giuliano Pagot (18.10m), mais beaucoup plus loin du leader incontesté Adrian Dral et ses 20.51m. Depuis quelques années déjà, les athlètes britanniques semblent monter en puissance dans les disciplines qui n’étaient pas forcément les plus en vue historiquement, que ce soit les lancers ou les sauts. Et c’est justement là que Michael Maguire a signé le plus beau saut de sa jeune carrière. Déjà auteur de distances très significatives ces dernières semaines, le jeune Britannique a confirmé à Loughborough Flight Night qu’il ne s’agissait pas d’un feu de paille. Dès son premier saut, Maguire a validé le standard européen avec un bond à 7,38 m, soit près de vingt centimètres au-delà du minimum requis. Un saut suffisant pour assurer sa sélection, mais loin d’être un point final à sa soirée.
Car quelques essais plus tard, le sauteur a encore repoussé les limites avec un impressionnant 7,47 m, meilleure performance mondiale U18 de l’année à ce stade. Deux semaines auparavant, il avait déjà atterri à 7,52 m lors d’une compétition non inscrite au calendrier World Athletics, ce qui empêche l’homologation officielle comme meilleure marque mondiale, mais pas la prise de conscience collective. En l’espace de peu de temps, Maguire a enchaîné trois concours de très haut niveau, démontrant une capacité rare à répéter des performances au-delà des 7,40 m et s’installant comme une vrai promesse dans une discipline où les britanniques n’ont plus été médaillé depuis 2016 et le titre européen de Greg Rutherford.
Sur 60 m, Glave change de statut, Smith confirme, Azu sous pression
Si les jeunes ont attiré l’attention dans les concours, la piste a offert un spectacle tout aussi révélateur du côté du sprint, avec un 60 m masculin britannique dominateur au BAUHAUS Indoor Gala.
Jody Smith, déjà très en vue lors de sa rentrée hivernale, a franchi un cap supplémentaire en remportant la première série du 60 m en 6’’61, devant Samuele Ceccarelli et Rohan Watson. Une victoire qui constitue tout simplement la plus belle de sa carrière à ce jour face à des sprinteurs confirmés sur la scène internationale.
Mais la principale surprise est venue de Romell Glave. Dans un premier temps, le Britannique a remporté sa série en 6’’55, nouveau record personnel et surtout chrono qualificatif pour les Championnats du monde en salle, devançant Jeremiah Azu, champion du monde indoor en titre. Un chrono qui sur le coup avait déjà marqué les esprits mais Glave ne s’est pas arrêté là pour autant.
En finale, il a confirmé de manière éclatante en s’imposant en 6’’51, abaissant une nouvelle fois son record personnel. Derrière lui, Azu a signé 6’’54, tandis que le vice-champion olympique du 100m Kishane Thompson a complété le podium en 6’’56. Trois hommes sous les 6’’60, dans une course d’un niveau exceptionnel, mais surtout un Britannique qui s’impose face aux références mondiales du moment.
Pour Jeremiah Azu, la défaite n’efface pas la performance. Son 6’’54 constitue son meilleur début de saison, amélioré de six centièmes par rapport à l’an dernier, et une progression nette dans la continuité de son titre mondial. Mais la dynamique change. Là où Azu dominait le sprint britannique sans réelle contestation sur le 60m, la concurrence interne s’intensifie brutalement. Entre la régularité de Smith qui a par ailleurs terminé 4è de cette finale et l’explosion de Glave qui se place au troisième rang mondial, le 60 m britannique s’annonce plus ouvert que jamais, avec une émulation qui pourrait encore élever le niveau collectif dans les semaines à venir.