À l’aube du Tournoi des Six Nations 2026, l’Angleterre aborde un nouveau cycle avec une profondeur d’effectif rarement atteinte ces dernières années. Si certaines hiérarchies semblent déjà établies, d’autres postes restent ouverts à la concurrence, notamment dans le triangle arrière. Et parmi les joueurs qui frappent avec insistance à la porte du XV de la Rose, un nom revient avec de plus en plus d’insistance : George Hendy. Jamais appelé chez les seniors, le polyvalent arrière de Northampton incarne pourtant l’un des profils les plus en vue du moment en Premiership.

George Hendy, une formation discrète puis l’explosion avec Northampton
Rien, ou presque, ne prédestinait George Hendy à devenir l’un des joueurs les plus observés du rugby anglais à 23 ans. Né à Warwick en octobre 2002, formé loin des projecteurs dans le Warwickshire, Hendy n’a jamais été catalogué comme un phénomène précoce. Passé par la King Edward VI School de Stratford-upon-Avon, il partageait son temps entre rugby, athlétisme et cricket, développant très tôt un profil athlétique complet et une compréhension fine du jeu.
C’est à Shipston-on-Stour, son club formateur, qu’il gravit patiemment les échelons, jusqu’à devenir capitaine des Colts. Longtemps utilisé à l’ouverture ou au centre chez les jeunes, Hendy s’est progressivement recentré sur les postes du fond du terrain à mesure qu’il approchait du rugby senior. Repéré par Worcester Warriors, puis récupéré par Northampton Saints après la disparition du club, Hendy intègre l’académie avant de signer son premier contrat professionnel en août 2021. Sa progression est alors constante, sans pour autant brûler les étapes. Dès ses premières apparitions en équipe première, il affiche une efficacité assez impressionante : cinq essais lors de ses neuf premiers matchs, puis une montée en puissance progressive dans la rotation des Saints.
La saison 2023-2024 marque un premier tournant. Titulaire sur les cinq premières journées de Premiership, Hendy se montre décisif, avant de s’illustrer sur la scène européenne. Ses deux essais contre Munster en Champions Cup, puis son influence constante malgré l’élimination face au Leinster, installent son nom dans le paysage. Point d’orgue : une finale de Premiership remportée face à Bath, où il est élu homme du match, symbole de son importance croissante dans un collectif pourtant très riche en talents.
Depuis le début de la saison actuelle, Hendy a encore changé de dimension. Utilisé à l’aile comme à l’arrière, il rayonne dans le jeu de mouvement des Saints, déjà auteur de huit essais, dont six sur ses trois derniers matchs. Sa capacité à parcourir plus de 100 mètres ballon en main, à multiplier les courses tranchantes et à finir les coups avec sang-froid lui vaut un surnom flatteur dans la presse : « Le Penaud roux ».
Déjà international U20 et aperçu avec l’Angleterre A, Hendy n’a plus grand-chose à prouver au niveau domestique. Reste désormais à savoir si Steve Borthwick est prêt à lui offrir une première opportunité au plus haut niveau.
Une concurrence dense, mais des portes loin d’être fermées en sélection
Si George Hendy n’a encore jamais été appelé avec le XV de la Rose, ce n’est pas par manque de talent, mais bien en raison d’une concurrence exceptionnelle à ses postes de prédilection. Ailier et arrière, deux rôles où l’Angleterre regorge d’options… mais pas sans zones d’incertitude.
À l’aile, Immanuel Feyi-Waboso semble intouchable. Sauf blessure, le joueur d’Exeter sera titulaire tant son impact physique et sa puissance balle en main apportent une dimension unique au jeu anglais. Tommy Freeman, autre cadre de Northampton, est lui aussi quasiment assuré d’être du voyage, même si son positionnement exact reste flou. Capable d’évoluer ailier ou centre, notamment au poste de numéro 13 où il excelle cette saison, Freeman pourrait libérer une place sur l’aile selon les choix tactiques de Borthwick.
Derrière eux, la hiérarchie est plus mouvante. Henry Arundell, malgré son retour en Angleterre, à Bath et son importante vitesse, n’a pas beaucoup joué en sélection depuis son retour mais devrait quand même être du voyage. Tom Roebuck, très convaincant lors des tournées précédentes grâce à sa qualité dans le jeu aérien : très important dans la manière de jouer de l’Angleterre de Steve Borthwick, vise clairement une place dans le XV, mais reste suspendu à son retour de blessure au pied. Plus loin, des profils comme Noah Caluori ou Adam Radwan espèrent intégrer le groupe, mais partent de plus loin dans la hiérarchie actuelle.
C’est donc peut-être à l’arrière que George Hendy possède sa carte la plus crédible. George Furbank, son coéquipier à Northampton, est aujourd’hui le favori au poste, tant son jeu au pied et sa créativité collent aux principes offensifs de l’Angleterre. Mais son historique de blessures pose question sur sa disponibilité à long terme. Freddie Steward, de son côté, reste une référence dans le jeu aérien et le contrôle territorial, mais son profil dépend fortement du plan de jeu choisi face à chaque adversaire.
Dans ce contexte, Hendy apparaît comme une option hybride, capable d’apporter de la sécurité, mais aussi une vraie menace offensive depuis le fond du terrain. Sa polyvalence, sa forme actuelle et surtout son automatisme avec une grande partie de l’ossature anglaise jouent clairement en sa faveur. Alex Mitchell, Fin Smith, Fraser Dingwall, Tommy Freeman, George Furbank, Alex Coles ou encore Henry Pollock devraient tous figurer dans le groupe des Six Nations, certains comme titulaires, d’autres comme remplaçants.