Kimani Jack a franchi un cap majeur ce week-end en signant un saut à 2,31 m lors du meeting de Athens, en Géorgie. Une performance qui le propulse parmi les meilleurs mondiaux à seulement 22 ans, et qui confirme l’émergence d’un talent brut de l’athlétisme britannique.

Kimani Jack, l’éclosion d’un talent brut au sommet de la NCAA
Le déclic était attendu, il est désormais réalité. En effaçant une barre à 2,31 m, Kimani Jack, en plus de signer un nouveau record personnel, met fin à une disette de six ans pour le saut en hauteur britannique. Aucun athlète du Royaume-Uni n’ayant franchi les 2,30 m depuis 2020 et l’athlète de l’université de Géorgie est désormais co-détenteur de la 7e meilleure performance nationale de tous les temps.
Ce concours parfait, où il a franchi toutes ses barres au premier essai jusqu’à 2,31 m, témoigne d’une maîtrise technique impressionnante. Après un premier échec à cette hauteur, Jack a su réagir immédiatement pour passer avec une marge relativement confortable dès sa deuxième tentative.
Cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante remarquable. Depuis ses débuts à 2,02 m en 2021, Jack n’a évidemment cessé de progresser : 2,10 m en 2023, 2,15 m en 2024, puis 2,21 m en 2025 lors de ses premiers pas chez les seniors. Mais c’est bien en 2026 que tout s’accélère. En l’espace de quelques mois sur le circuit NCAA, il enchaîne les performances de haut niveau : 2,25 m dès janvier, 2,28 m en février pour remporter les championnats SEC indoor, puis 2,24 m en avril avant ce bond à 2,31 m début mai.
Le choix de rejoindre les États-Unis et le système universitaire NCAA s’avère déterminant. Dans un environnement ultra-compétitif que beaucoup de jeunes athlètes font le choix de suivre, Jack a trouvé les conditions idéales pour élever son niveau. Désormais détenteur des records indoor et outdoor de son université, il s’impose également comme le leader britannique et le troisième meilleur performeur mondial de la saison, bien que celle-ci n’en soit qu’à son début. Si l’on compare avec 2025, 2.31m l’aurait placé septième performeur de l’année.
Ce saut le place à égalité avec plusieurs noms historiques du saut en hauteur britannique à 2,31 m, et juste derrière Tom Gale (2,33 m en 2020). À seulement 22 ans, la marge de progression reste importante.
Les autres résultats Britanniques de la semaine
Derrière l’exploit de Kimani Jack, plusieurs autres britanniques ont fait parler d’eux, notamment sur le sol américain.
Après plusieurs saisons à frôler cette barrière symbolique, Daniel Falode a enfin dépassé les 16 mètres au triple saut. Avec un bond mesuré à 16,07 m, malgré un vent défavorable (-1,2 m/s) qui compliquait nettement l’exercice, le Britannique de 23 ans valide une progression attendue depuis longtemps puisque son précédent record datait de 2020. Ce saut, en plus d’être un record personnel, constitue la meilleure performance britannique de la saison, 6cm devant le jeune et prometteur Tito Odunaike qui vient de fêter ses 17 ans hier, auteur de 16.01m le 7 février dernier.
Sur 400 m haies, Rayhan Mourtada n’a pas tardé à marquer les esprits. Sur sa troisième sortie de la saison, il signe un record personnel en 51,27 s, améliorant une marque déjà solide. Une performance qui le place parmi les meilleurs freshmen de la NCAA cette année et qui confirme son potentiel sur cette distance qui ne cesse de progresser au Royaume-Uni sur ces dernières années.
Même dynamique du côté du 400 m plat avec la jeune Emma Holmes, 19 ans, qui réalise une progression spectaculaire. En courant en 52,92 s, elle abaisse son record personnel de plus d’une demi-seconde. Une amélioration significative qui s’inscrit dans une courbe ascendante impressionnante, elle qui était encore au-delà des 55 secondes il y a peu.
Sur le sprint court, Jake Odey Jordan poursuit sa saison de révélation. Avec un chrono de 10,17 s sur 100 m, il se rapproche à un centième de son record personnel établi récemment. Mais au-delà du temps, c’est le contexte qui est différenciant : un vent mesuré à +1,0 m/s, bien en dessous de la limite autorisée, contrairement à son actuel record réalisé avec un vent de 2.0m/s.
Enfin, le moment le plus inattendu de la semaine est sans doute le retour de Jake Heyward. Le Britannique, vice-champion d’Europe du 1500 m en 2022, n’avait plus été aperçu en compétition depuis près de quatre ans. À 27 ans, il effectue un retour gagnant en s’imposant en Californie avec un temps correct de 3:37.75. Sans être proche de son record personnel, cette performance marque surtout un retour à la compétition prometteur après une longue absence.