C’est avec des ambitions particulièrement élevées que les athlètes britanniques vont aborder les Championnats d’Europe de Birmingham 2026. Devant leur public, dans un Alexander Stadium qui accueillera pour la première fois la compétition continentale, le Royaume-Uni présente une délégation de 98 athlètes qui, malgré quelques absences de poids comme celles de Molly Caudery ou Josh Kerr, pourrait terminer en tête du tableau des médailles.

En sélectionnant 98 athlètes, la fédération britannique a clairement affiché sa volonté de profiter de ces championnats organisés à domicile, avec un objectif double : conserver son statut de grande nation européenne de l’athlétisme tout en offrant une première expérience internationale à plusieurs jeunes prometteurs. Les têtes d’affiche ne manqueront cependant pas. Matthew Hudson-Smith tentera de conserver son titre européen sur 400 m devant son public, tout comme Dina Asher-Smith sur 200 m et Keely Hodgkinson sur 800 m. Georgia Hunter Bell, Amber Anning, Amy Hunt, Zharnel Hughes ou encore Katarina Johnson-Thompson font également partie des favoris ou outsiders dans leurs disciplines respectives.
Deux absences restent néanmoins particulièrement marquantes. Molly Caudery, double championne du monde en salle à la perche, semblait parfaitement placée pour décrocher un premier titre européen en plein air avant qu’une nouvelle blessure ne mette un terme à sa saison estivale. Josh Kerr, lui, avait annoncé depuis plusieurs mois que Birmingham ne faisait pas partie de son programme. Le vice champion olympique a concentré sa saison sur son record du monde du mile, obtenu lors de la Diamond League de Londres, ainsi que sur les Jeux du Commonwealth qu’il dispute actuellement.
Sur la piste, le sprint constitue probablement le principal réservoir de médailles britanniques. Chez les hommes, Romell Glave arrive dans la forme de sa carrière. Deuxième performeur européen de l’année en 9 »97, à seulement un centième de Lamont Marcell Jacobs, le médaillé de bronze européen 2024 a couru cinq de ses six derniers 100 m sous les dix secondes et apparaît comme un sérieux candidat au titre. Jeremiah Azu et Louie Hinchcliffe possèdent eux aussi le niveau pour viser le podium dans une course où l’Allemand Owen Ansah, malgré une procédure antidopage en cours liée à un manquement présumé à un contrôle et non à un test positif, reste autorisé à concourir. Sur 200 m, Zharnel Hughes fera figure de grand favori pour conserver sa couronne continentale tandis que le jeune Ebuka Nwokeji découvrira son premier grand championnat senior.
Le 400 m masculin semble également promis à une forte domination britannique. Matthew Hudson-Smith possède la meilleure performance européenne de la saison avec près de deux dixièmes d’avance sur Samuel Vessat et pourra compter sur Charlie Dobson et Ben Jefferies, dont les chronos les placent parmi les outsiders crédibles pour une médaille. Les relais, eux, constituent une autre immense force : les six équipes britanniques, masculines, féminines et mixtes sur 4 × 100 m et 4 × 400 m, disposent de la densité nécessaire pour viser l’or.
Le demi-fond offre également de nombreuses garanties. Max Burgin et Ben Pattison figurent parmi les trois meilleurs performeurs européens de l’année sur 800 m et auront leur mot à dire dans une épreuve toujours tactique. Sur 1 500 m masculin, l’absence de Josh Kerr redistribue les cartes mais Jake Wightman, champion du monde 2022, et Jake Heyward, enfin épargné par les blessures, possèdent tous deux les armes pour monter sur le podium, tout comme le moins connu Arlo Ludewick qui n’a cessé d’impressionner cette année. Scott Beattie sur 10 000 m et Kristian Imroth sur 3 000 m steeple semblent davantage en mesure de viser le bronze face à des favoris tels que Mohamed Abdilaahi ou Frederik Ruppert.
Chez les femmes, les perspectives apparaissent encore plus enthousiasmantes. Amy Hunt, deuxième performeuse européenne de l’année sur 100 m, peut légitimement rêver du titre, épaulée par Dina Asher-Smith, Daryll Neita et Imani Lansiquot dans un sprint où les Britanniques pourraient placer plusieurs finalistes. Sur 200 m, Hunt, Asher-Smith et la jeune Success Eduan occupent tout simplement les trois meilleures performances européennes de la saison, faisant d’un triplé un objectif réaliste. Le 400 m féminin promet également un spectacle exceptionnel. Amber Anning, Yemi Mary John et surtout Charlotte Henrich, impressionnante à seulement 19 ans avec ses 50 »45 réalisés lors de la Diamond League de Londres, à la ligne numéro 1, permettront au Royaume-Uni de jouer les premiers rôles malgré une concurrence particulièrement relevée (Henriette Jaeger, Lurdes Gloria Manuel…). Sur 800 m, Keely Hodgkinson ne sera plus l’immense favorite qu’elle était encore en début de saison après l’explosion de la Suissesse Audrey Werro, mais la championne britannique conserve toutes les qualités pour reconquérir son titre, même si sa saison qui l’a vu connaître des désagrément a pu légèrement éroder sa confiance. Enfin, Georgia Hunter Bell apparaît comme la référence du 1 500 m européen tandis qu’Elise Thorner, meilleure performeuse continentale de l’année sur 3 000 m steeple, abordera Birmingham avec l’étiquette de favorite face aux Allemandes Gesa Krause et Lea Meyer. Une position de favorite renforcée par sa deuxième place hier aux jeux du Commonwealth où elle a su battre Peruth Chemutai, meilleure performeuse mondiale de l’année.
Les concours et les lancers offrent également plusieurs occasions de podium. Kimani Jack, révélation Britannique de la saison, arrive avec la troisième meilleure performance européenne des engagés en hauteur et peut viser l’or s’il confirme les progrès aperçus ces dernières semaines. Dans ce concours, le champion NCAA devrait être principalement opposé à Jan Stefela, et le sauteur ukrainien Oleh Doroshchuk qui l’avait privé de victoire lors de sa première Diamond League à Monaco. Au poids, Scott Lincoln espère enfin décrocher une médaille européenne qui lui échappe depuis plusieurs années, même si Leonardo Fabbri semble difficile à battre. Enfin, Lawrence Okoye, quatrième performeur européen de la saison au disque, retrouvera un plateau exceptionnel où les meilleurs lanceurs européens figurent également parmi les meilleurs mondiaux, rendant la lutte pour le podium particulièrement relevée.