A seulement 19 ans, Bethany Norton vient déjà de marquer l’histoire du tir mondial. En s’imposant lors d’une manche de Coupe du monde ISSF à Tanger, la Britannique a non seulement décroché l’or, mais également établi un nouveau record du monde junior. Une victoire fondatrice, qui confirme l’émergence d’un talent majeur dans une discipline où le Royaume-Uni s’affirme de plus en plus au niveau mondial.

Une victoire face à l’élite mondiale
Le décor était posé : une finale de Coupe du monde, huit tireuses parmi les meilleures de la planète, et des conditions météorologiques exigeantes, avec beaucoup de vent et une luminosité piégeuse. Dans ce contexte, Bethany Norton disputait à 19 ans, tout simplement sa première finale à ce niveau.
Face à elle, le plateau était relevé. On retrouvait notamment plusieurs tireuses expérimentées, certaines déjà médaillées sur la scène internationale. La Slovaque Vanesa Hockova et la Grecque Emmanouela Katzouraki, toutes deux finalistes des Jeux olympiques de Paris 2024, faisaient figure de références. L’Américaine Dania Jo Vizzi, habituée des podiums en Coupe du monde, représentait également une menace constante, tout comme la Française Lucie Anastassiou, multiple médaillée sur le circuit ISSF.
Dans ce format d’élimination progressive, chaque série voit une finaliste se faire éliminer, jusqu’à la « finale » entre les deux restantes, et Norton y a impressionné par sa maîtrise en répétant les gestes justes sous pression. Avec un score final de 28, elle s’offre non seulement la médaille d’or, mais inscrit aussi son nom dans les livres d’histoire avec un record du monde junior.
En dominant un plateau relevé, à seulement 19 ans, elle s’inscrit dans une dynamique qui pourrait rapidement la mener vers les sommets du tir international, à l’approche des Jeux de Los Angeles 2028, où elle devrait arriver avec un palmarès encore plus fourni.
Le tir britannique en pleine ascension
Autour de l’exploit de Bethany Norton, il faut noter une progression plus globale du tir britannique, qui a su se reconstruire et performer au plus haut niveau ces dernières années.
Aux jeux de Londres 2012 et Rio 2016, la délégation Britannique avait obtenue des médailles notamment dans l’épreuve du double trap, qui a par la suite disparu du programme Olympique. A Tokyo en 2021, Matthew Coward-Holley avait alors décroché une médaille de bronze en trap, imitant Edward Ling qui avait fait de même quatre ans plus tôt. Une première performance marquante, qui confirmait le retour du Royaume-Uni parmi les nations compétitives dans les disciplines de tir olympique.
Trois ans plus tard, à Paris, cette montée en puissance s’est matérialisée de manière éclatante. Nathan Hales a offert au pays une médaille d’or en trap, accompagnée d’un record olympique.
Dans le même temps, le skeet féminin a également été au cœur de l’actualité. Amber Rutter, figure majeure de la discipline, a décroché l’argent dans une finale restée polémique. Lors du shoot-off décisif, un tir pourtant réussi n’a pas été validé, la privant d’un titre olympique qui lui était promis.
Comme Amber Rutter avant elle – vainqueur en Coupe du monde dès l’adolescence – Norton confirme cette récente capacité britannique à faire éclore très tôt des tireuses capables de performer immédiatement au plus haut niveau. Mais surtout, elle ne sera pas seule. En 2024, Maddie Russell s’est imposée comme une autre figure montante en devenant championne du monde junior de skeet, au terme d’une finale parfaitement maîtrisée.
Entre l’expérience d’Amber Rutter, référence mondiale toujours en quête d’un titre olympique, et l’émergence simultanée de Norton et Russell chez les femmes, jumelé aux hommes qui sont médaillés Olympiques dans l’épreuve du trap depuis trois éditions, le Royaume-Uni dispose aujourd’hui de plusieurs tireurs capables de viser l’or sur la scène internationale à court terme, notamment à l’approche des Jeux de Los Angeles.