Dès sa première sortie individuelle de la saison, Yemi Mary John vient de réaliser l’inattendu. À Tokyo, lors du Seiko Golden Grand Prix, la Britannique de 23 ans est devenue la neuvième femme de l’histoire du Royaume-Uni à courir le 400m sous les 50 secondes grâce à un énorme 49.85. Une performance majeure pour la championne du monde U20 2022, qui signe au passage la meilleure performance européenne de l’année et le cinquième chrono mondial de la saison. Surtout, cette course confirme que la densité actuelle du 400m britannique féminin est probablement la plus forte de son histoire.

Une première sortie individuelle extérieure déjà historique
Il y avait déjà eu des signaux très positifs à Gaborone lors des relais mondiaux il y a deux semaines. Dans un collectif britannique impressionnant de profondeur, Yemi Mary John avait une nouvelle fois montré toute sa valeur en relayant parfaitement sur le dernier tour du relais mixte, avec notamment un split lancé en 49.15 secondes lors des séries. Mais cette fois, à Tokyo, la Britannique a frappé un tout autre grand coup, individuellement.
Pour sa première course individuelle en extérieur de la saison, Yemi Mary John a tout simplement explosé son record personnel. En remportant la course en 49.85, très loin devant l’Américaine Bailey Lear (50.42), elle a retranché 65 centièmes à son ancienne marque de référence établie l’an dernier à Bergen (50.50).
Si son potentiel n’a jamais été remis en question, sa progression chronométrique s’était ralentie après son titre mondial U20 décroché en 2022 à Cali en 51.50. En 2023, elle avait abaissé son record à 51.04 avant de connaître une saison 2024 plus irrégulière conclue en 51.18. L’an dernier, son passage sous les 50.50 lors des championnats d’Europe U23 de Bergen avait déjà marqué un tournant. Mais personne n’imaginait forcément une telle explosion dès le mois de mai 2026.
Cette performance lui permet désormais de grimper au septième rang britannique de tous les temps, devant Laviai Nielsen et Jodie Williams notamment. Yemi Mary John devient la plus jeune Britannique à passer sous les 50 secondes depuis plus de deux décennies dans une discipline où le Royaume-Uni possède pourtant une tradition immense, de Kathy Cook à Christine Ohuruogu jusqu’à Amber Anning aujourd’hui, détentrice du record national.
Le contexte rend également cette course particulièrement remarquable. Réaliser 49.85 dès sa première sortie individuelle extérieure laisse forcément imaginer un potentiel encore supérieur au cœur de l’été, notamment en vue des championnats d’Europe de Birmingham. Même si l’athlétisme reste imprévisible et qu’une saison ne suit jamais une trajectoire linéaire, ce chrono pourrait encore être amélioré dans les mois à suivre.
Désormais cinquième performeuse mondiale de l’année et numéro une européenne en 2026, Yemi Mary John s’installe parmi les meilleures mondiales. Et surtout, elle renforce encore un peu plus l’impression que le 400m britannique féminin est en train de vivre un véritable âge d’or.
Autour d’Amber Anning (49.29), du retour au premier plan de Laviai Nielsen, de l’émergence de Charlotte Henrich ou encore des profils comme Emily Newnham et Rebecca Grieve, le Royaume-Uni possède aujourd’hui une densité exceptionnelle, mais surtout très jeune; reste maintenant à voir jusqu’où cette progression peut la mener.
Le top 10 britannique de tous les temps sur 400m féminin
- Amber Anning — 49.29 — Paris (France) — 9 août 2024
- Christine Ohuruogu — 49.41 — Moscou (Russie) — 12 août 2013
- Kathy Cook — 49.43 — Los Angeles (États-Unis) — 6 août 1984
- Katharine Merry — 49.59 — Athènes (Grèce) — 11 juin 2001
- Nicola Sanders — 49.65 — Osaka (Japon) — 29 août 2007
- Donna Fraser — 49.79 — Sydney (Australie) — 25 septembre 2000
- Yemi Mary John — 49.85 — Tokyo (Japon) — 17 mai 2026
- Laviai Nielsen — 49.87 — Londres (Royaume-Uni) — 20 juillet 2024
- Jodie Williams — 49.97 — Tokyo (Japon) — 4 août 2021
- Phylis Smith — 50.40 — Barcelone (Espagne) — 3 août 1992