Joe Fraser, Uzair Chowdhury et l’ensemble de la délégation britannique ont marqué les Championnats d’Europe de gymnastique artistique masculin à Zagreb. Avec quatre médailles d’or, une d’argent et quatre de bronze, le Royaume-Uni termine en tête du classement des médailles, fort de neuf podiums au total. Un bilan seulement dépassé en volume par les Russes, mais ces derniers n’ont remporté que deux titres. Après une semaine féminine plus frustrante, malgré le bronze d’Eli Cardelli à la poutre chez les juniors et plusieurs quatrièmes places, la réponse des gymnastes britanniques a été éclatante.

Une délégation britannique au rendez-vous, de la relève aux cadres
Ce succès collectif prend une dimension particulière dans un contexte plus relevé que lors des dernières éditions. Le retour des Russes redonne à ces Championnats d’Europe une concurrence complète, sans médailles distribuées par défaut en raison d’absences majeures. Le Royaume-Uni a donc remporté ses titres au sein d’un plateau européen plus dense, ce qui donne une valeur supplémentaire à cette semaine croate, à seulement deux mois des Championnats du monde, première étape sur la route des qualifications pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Le symbole le plus fort reste sans doute le doublé par équipes. Les seniors ont conservé leur titre avec 246,728 points, devant les Russes et la Suisse, tandis que les juniors ont eux aussi défendu avec succès leur couronne. Dans les deux catégories, le Royaume-Uni a donc confirmé sa profondeur collective. La finale senior a notamment illustré cette capacité à répondre sous pression : Harry Hepworth a assuré sur le sol avec 14,300, tandis que les performances aux anneaux et au saut avaient permis de construire une avance décisive. Joe Fraser a également joué un rôle central, notamment avec 14,200 aux barres parallèles.
Fraser a ensuite ajouté une dimension individuelle à son championnat en décrochant l’or à la barre fixe. Troisième des qualifications avec 14,200, il a élevé son niveau en finale pour atteindre 14,300 et devancer une concurrence de premier plan. Son bronze aux barres parallèles raconte en revanche une autre histoire : deuxième ex æquo des qualifications avec 14,366, il a légèrement reculé à 14,300 en finale, mais suffisamment pour monter sur le podium.
Chez les plus jeunes, Uzair Chowdhury a confirmé qu’il fait partie des principaux noms à suivre dans le cycle vers 2028. Sixième seulement des qualifications aux barres parallèles avec 13,433 sur un agrès qui est pourtant celui où il est le meilleur, il a réalisé la meilleure progression britannique en finale, remportant l’or avec 14,166. George Atkins, septième lors des qualifications, a lui aussi nettement progressé pour prendre le bronze avec 13,733.
Zakaine Fawzi-Mccaffrey a lui, connu une trajectoire différente : leader des qualifications au cheval d’arçons avec 14,066, il a confirmé sa place parmi les meilleurs en finale avec l’argent, malgré un score légèrement inférieur de 13,833. Hepworth, lui, a conservé le bronze au sol après avoir terminé troisième des qualifications, même si son 14,300 en finale restait légèrement en dessous de ses 14,333 initiaux. Sol Scott a également marqué les esprits dès sa première grande compétition senior, avec un bronze au saut obtenu grâce à la qualité de son exécution.
Au total, les quatre titres, l’argent et les quatre bronzes placent le Royaume-Uni devant l’Italie et l’Ukraine au classement des médailles, ces deux nations ayant chacune remporté trois titres. Au delà du total brut, la répartition des résultats est une excellente nouvelle : des cadres expérimentés comme Fraser et Courtney Tulloch aux nouveaux visages comme Scott, avec en plus, une génération junior déjà capable de gagner et de renverser une hiérarchie établie en qualifications. À deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles, la gymnastique masculine britannique possède une équipe relativement jeune, compétitive et déjà habituée à gagner sous une concurrence européenne désormais pleinement relevée.