Depuis plusieurs années, le circuit universitaire américain attire de plus en plus de jeunes talents britanniques. Dernière en date, Kishi Aremu séduite par la qualité des infrastructures, l’encadrement scientifique et le niveau de compétition proposé par la NCAA va traverser l’Atlantique pour la suite de jeune carrière, suivant l’exemple d’autres jeunes britanniques comme Matthew McKenna ou Lyla Belshaw qui ont fait ce choix récemment.

Kishi Aremu dans les pas de ses compatriotes
Née en 2008, Kishi Aremu s’est imposée en l’espace de quelques mois comme l’un des noms à suivre de près dans le sprint britannique. Spécialiste du 100 mètres, elle a marqué la saison 2025 par une très belle performance à Mannheim, le 28 juin lors de l’un des plus importants meetings juniors, en coupant la ligne en 11’’69 (+1.1 m/s). Un chrono qui lui a permis de battre le vieux record d’Écosse U17, vieux de 45 ans, établi en 1980 par Lindsey McDonald, et de devenir la deuxième athlète originaire d’Écosse la plus rapide de l’année sur la distance, toutes catégories confondues, devant donc de nombreuses sprinteuse bien plus âgées, et seulement battue par Alyson Bell. Un tel chrono l’a donc placée au deuxième rang des U17 Britanniques les plus rapides de l’année 2025, à égalité avec Celine Obinna-Alo et à 7 centièmes d’Aliyah Afolabi. Son 11’’69 la place parmi les meilleures sprinteuses européennes de sa catégorie d’âge, et surtout comme une athlète capable, à terme, de rivaliser avec l’élite senior.
Son engagement avec l’Université du Nouveau-Mexique apparaît ainsi comme une étape logique dans sa trajectoire. En rejoignant la NCAA, Aremu s’inscrit dans un mouvement de fond : pas moins de 491 athlètes britanniques évolueront aux États-Unis cette saison, un chiffre révélateur de l’attractivité croissante du système universitaire américain. Des centaines d’autres jeunes athlètes venant des différents pays d’Europe ont d’ailleurs fait le même choix, tant pour l’athlétisme que d’autres disciplines comme la natation. Pour une sprinteuse aussi jeune, l’accès à des installations de pointe, à un suivi médical individualisé et à une concurrence hebdomadaire de très haut niveau constitue un levier déterminant pour poursuivre sa progression.
À Albuquerque, elle retrouvera d’ailleurs d’autres Britanniques ayant déjà fait leurs preuves sur la scène internationale. Rebecca Grieve, spécialiste du 400 mètres et championne d’Europe U23 du relais 4×400 m en 2025, est l’une des figures actuelles du programme. Issue de Currie, près d’Édimbourg, Grieve s’est notamment distinguée par sa médaille de bronze mondiale U20 à Lima en 2024.
Autre référence : Brodie Young, médaillé de bronze européen U23 sur 400 mètres en 2025 et membre clé des relais britanniques. Passé par l’Université du Nouveau-Mexique dès 2022, le coureur originaire de Chryston a franchi un cap décisif aux États-Unis, améliorant son record personnel jusqu’à 45’’34 et intégrant le programme Olympic Futures de British Athletics. Autant d’exemples qui renforcent la crédibilité du choix effectué par Aremu.
Et comment évoquer le Nouveau-Mexique sans mentionner Josh Kerr. Le champion du monde 2023 du 1500 mètres, vice-champion olympique à Paris en 2024 et recordman britannique, a lui aussi forgé une part essentielle de son succès à Albuquerque. Arrivé très jeune aux États-Unis, Kerr y a remporté trois titres NCAA et battu le record universitaire du 1500 mètres, avant de s’imposer comme l’un des meilleurs demi-fondeurs mondiaux. Un parcours qui continue d’inspirer toute une génération d’athlètes britanniques.
L’Université du Nouveau-Mexique, une référence du circuit NCAA malgré un profil orienté fond
Si le sprint n’est pas historiquement la discipline phare du programme, l’Université du Nouveau-Mexique s’est affirmée ces dernières saisons comme l’une des places fortes de la NCAA, notamment sur les épreuves de fond et de demi-fond. La saison passée en est une illustration éclatante. Chez les hommes, Ishmael Kipkurui s’est imposé sur 10 000 mètres, tandis qu’Habtom Samuel a décroché deux médailles d’argent sur 5 000 et 10 000 mètres. Chez les femmes, Pamela Kosgei a marqué les esprits en remportant les titres NCAA du 5 000 et du 10 000 mètres, battant au passage le record des championnats sur la distance la plus longue.
Ces performances ont permis à l’université de se classer cinquième au classement cumulé masculin et neuvième chez les femmes, confirmant la solidité globale du programme. Pour Kishi Aremu, évoluer dans un environnement aussi exigeant, même au sein d’un programme davantage orienté vers le fond, représente une opportunité précieuse. L’université a déjà démontré sa capacité à accompagner des profils britanniques vers le très haut niveau, et nul doute que la sprinteuse y trouvera les ressources nécessaires pour transformer son potentiel en performances de référence.