Après son succès convaincant contre l’Irlande lors de la première journée, l’Angleterre U20 a confirmé en dominant largement les États-Unis (68-40) lors de son deuxième match de la Coupe du monde U20 en Géorgie. Portés par une première période presque parfaite, les hommes d’Andy Titterrell ont rapidement décroché le bonus offensif avant de connaître un étonnant relâchement après la pause. Suffisant néanmoins pour signer une deuxième victoire bonifiée et s’offrir une finale de groupe face à l’Argentine, elle aussi invaincue.

Le déroulé du match
L’Angleterre n’a pas tardé à imposer sa loi. Dominateurs dans les phases de conquête, notamment en mêlée où les Américains ont rapidement subi la puissance du pack anglais, les jeunes de la Rose ont immédiatement installé le jeu dans les 22 mètres adverses. Dès les premières minutes, un ballon porté parfaitement exécuté permettait à Jack Lewis d’inscrire le premier essai de la rencontre, avant que Finn Keylock ne transforme. Cette domination territoriale s’est poursuivie tout au long du premier acte, les États-Unis passant de longues séquences à défendre leur ligne. Après plusieurs temps de jeu au près, Finlay Cunnison doublait la mise, récompensant une nouvelle longue séquence de possession anglaise (14-0).
Les Américains ont toutefois démontré qu’ils possédaient de réelles qualités offensives. Sur l’une de leurs premières véritables incursions, une superbe combinaison faite de passes après contact et de débordements permettait à Love de réduire l’écart, rappelant que cette équipe était capable de faire très mal dès qu’elle trouvait des espaces. Mais cette réaction n’a pas modifié le scénario général de la première période. La supériorité physique anglaise, particulièrement en mêlée et sur les mauls, est devenue de plus en plus évidente. Ollie Scola a d’abord conclu un nouveau temps fort en puissance, avant que le talonneur Jerold Gorleku ne profite d’un ballon porté pour offrir dès la 27e minute le quatrième essai synonyme de bonus offensif. Quelques instants plus tard, le même Gorleku s’offrait même un doublé après une nouvelle longue séquence collective. Malgré un second essai américain inscrit sur une combinaison bien exécutée en touche par Beatty, George Pearson profitait immédiatement d’une erreur défensive adverse pour porter le score à 42-14 juste avant la pause. À la mi-temps, les Anglais récitaient un rugby simple mais terriblement efficace, alternant puissance devant et vitesse derrière, tandis que Finn Keylock affichait un impeccable 6 sur 6 face aux perches.
La seconde période a pourtant offert un tout autre visage. Si Nick Lilley semblait définitivement mettre les siens à l’abri en interceptant un ballon avant de traverser tout le terrain pour inscrire un superbe essai en solitaire dès le retour des vestiaires (49-14), les hommes d’Andy Titterrell ont ensuite connu un relâchement aussi surprenant qu’inquiétant. Beaucoup moins agressifs défensivement et largement privés de ballon, les Anglais ont laissé les États-Unis multiplier les offensives. Dane Mitchell a d’abord profité d’un ballon échappé par les Anglais pour inscrire un premier essai, avant que Gavin Holder ne slalome au cœur de la défense pour relancer totalement les Américains. Mitchell, extrêmement dangereux dans les espaces, s’offrait ensuite un deuxième puis un troisième essai personnel alors que l’Angleterre traversait près de vingt minutes très compliquées, avec seulement 22% de possession et une défense beaucoup trop permissive.
Cette période de flottement n’a cependant pas remis en cause l’issue de la rencontre. Profitant d’un dégagement américain manqué, les Anglais ont retrouvé leurs fondamentaux avec un nouveau ballon porté, finalement conclu par Jonny Weimann. Connor Treacey est ensuite venu inscrire un neuvième essai après une nouvelle séquence parfaitement construite, avant que Tyler Offiah ne parachève le festival offensif en marquant le dixième essai anglais de la soirée. Seule ombre au tableau pour Finn Keylock, irréprochable jusque-là avec huit transformations consécutives, une ultime tentative manquée en fin de rencontre. Offiah pensait même inscrire un doublé dans les dernières secondes après un astucieux petit coup de pied à suivre, mais un en-avant au moment d’aplatir est venu logiquement annuler l’action.
Sur le plan comptable, l’opération est parfaite pour l’Angleterre, qui enchaîne un deuxième succès bonifié et conserve la tête de son groupe avec dix points sur dix possibles. Les États-Unis, malgré quarante points inscrits et une réelle volonté de produire du jeu, paient leur déficit de puissance devant mais quittent la rencontre avec le point de bonus offensif et une bonne impression générale. Pour Andy Titterrell, le bilan reste très positif, mais les vingt-cinq premières minutes de la seconde période constituent un sérieux avertissement. Face à l’Argentine, également invaincue après deux journées, un tel relâchement pourrait coûter très cher. Les deux équipes se disputeront désormais la première place du groupe C, la seule qualificative pour les demi-finales de cette Coupe du monde U20 2026.