Freya Colbert vient d’écrire une nouvelle page de la natation britannique. Lors de l’Edinburgh International, la nageuse de 22 ans est devenue la première Britannique à passer sous la barre des 1 minute 55 secondes sur 200 mètres nage libre. Avec un chrono de 1:54.98, elle a amélioré son propre record national et confirmé son statut de figure phare de la natation britannique féminine. Dans une compétition qui servait de préparation aux prochains championnats britanniques, plusieurs jeunes talents se sont également illustrés, confirmant la vitalité d’une nouvelle génération dans ce cycle olympique.

Une jeunesse qui confirme dans les bassins d’Édimbourg
Le Royal Commonwealth Pool d’Édimbourg accueillait ce week-end l’édition 2026 de l’Edinburgh International, une compétition importante dans la préparation des nageurs britanniques avant les championnats nationaux qui auront le mois prochain. Sans être une épreuve qualificative en elle-même, le meeting constitue traditionnellement un test de forme précieux pour les athlètes en quête de repères à quelques semaines des sélections pour les Jeux du Commonwealth notamment.
Plusieurs figures majeures de la natation britannique étaient présentes, à commencer par le triple champion olympique Adam Peaty. Pour sa première course en grand bassin depuis la finale olympique de Paris en 2024, le spécialiste de la brasse disputait la finale du 100 mètres. Dans une course particulièrement serrée, Peaty a pris la quatrième place en 1:00.74. La victoire est revenue au jeune Filip Nowacki, champion du monde junior et champion d’Europe junior, qui a touché le mur en 1:00.26 après une seconde partie de course impressionnante. Greg Butler (1:00.37) et Max Morgan (1:00.54), médaillé de bronze mondial junior, complètent un podium marqué par une génération montante de la brasse britannique.
Dans les autres courses masculines, Duncan Scott, l’athlète le plus décoré de l’histoire olympique Britannique, s’est imposé sur le 400 mètres quatre nages en 4:15.94 devant Max Litchfield. Le sprinteur olympique Matt Richards a lui remporté le 50 mètres nage libre en 22.43, devançant Jacob Mills et le vétéran David Cumberlidge dans une finale particulièrement dense.
Chez les femmes, plusieurs jeunes nageuses ont également marqué les esprits. À seulement 16 ans, Amelie Blocksidge s’est imposée avec autorité sur le 800 mètres nage libre en 8:35.51, confirmant les promesses entrevues lors de ses succès chez les juniors. Autre adolescente en vue, Amalie Smith a dominé le 400 mètres quatre nages en 4:40.13, creusant un écart de près de dix secondes sur ses poursuivantes.
Dans les épreuves de sprint, la nageuse d’Édimbourg Anna Morgan s’est imposée sur le 50 mètres brasse en 30.78 avec un nouveau record personnel, tandis que Ciara Schlosshan a remporté le 100 mètres papillon en 58.39 devant Lucy Grieve et Keanna MacInnes. En dos, Oliver Morgan s’est illustré chez les hommes en remportant le 50 mètres en 24.73, se hissant parmi les meilleures performances mondiales de la saison.
Freya Colbert nouvelle détentrice du record du 200 m nage libre
Dans les meetings de haut niveau, il faut qu’il y ait une performance majeure et elle est cette fois venue de Freya Colbert. Déjà détentrice du record national du 200m nage libre depuis les championnats du monde 2025 à Singapour, la nageuse britannique a encore amélioré sa marque pour établir un nouveau standard à 1:54.98.
La course a été parfaitement maîtrisée par la nageuse du centre de performance de Loughborough. Partie légèrement plus prudemment que lors de son précédent record, Colbert a progressivement accéléré dans la seconde moitié de la course, conservant suffisamment d’énergie pour maintenir un rythme élevé dans les derniers 100 mètres. Cette gestion de course lui a permis de gagner quelques centièmes décisifs et de devenir la première Britannique à franchir la barrière symbolique des 1:55.
Derrière elle, la médaillée olympique Abbie Wood a pris la deuxième place en 1:57.23, tandis que Leah Schlosshan complétait le podium en 1:58.28. Mais l’attention du public était clairement tournée vers Colbert, dont la progression constante depuis plusieurs saisons confirme son statut de leader de la natation britannique.
Championne du monde 2024 sur 400 mètres quatre nages et membre régulier des relais britanniques, la nageuse de Grantham continue d’élargir son registre en s’imposant désormais comme une référence nationale sur le 200 mètres nage libre. Sa nouvelle performance la place parmi les meilleures nageuses mondiales de la saison et la rapproche progressivement des standards nécessaires pour lutter pour les médailles internationales, même si des nageuses comme Molly O’Callaghan ou Summer McIntosh semblent encore trop fortes.
À l’issue de la course, Colbert s’est montrée particulièrement satisfaite d’avoir atteint l’objectif qu’elle s’était fixé pour les prochains championnats britanniques.
» Mon objectif aux Trials était de nager en 1:54 et je viens de le faire, donc ça me plaît vraiment « , a-t-elle expliqué. » J’aime l’idée d’apporter quelque chose de similaire à ce que font les garçons sur 200 mètres nage libre au Royaume-Uni. C’est une épreuve qu’on regarde souvent avec beaucoup d’attente, et j’espère contribuer à élever le niveau et créer un peu plus d’anticipation autour de ces finales. «
Cette performance est d’autant plus prometteuse que la nageuse britannique sort tout juste d’un stage en altitude et n’était pas certaine de son état de forme en arrivant à Édimbourg. Battre son record national dans ces conditions laisse entrevoir une marge de progression supplémentaire à l’approche des championnats britanniques, qui serviront de sélection pour les Jeux du Commonwealth organisés cette année à Glasgow.